Vanda / Marion Brunet (Albin Michel)

Autant dire les choses comme elles sont. Vanda, c’est l’une des claques de ce déconfinement. La dernière à m’avoir fait autant tordu les boyaux à sa lecture est Sandrine Collette dans Les larmes noires sur la terre. Je reste fascinée et presque sans voix devant cette justesse sur la violence sociale et sociétale dont ces autrices font preuve, avec des mots à la fois directs et flamboyants, sans misérabilisme mais avec poigne, et où l’on entraperçoit même une certaine fierté. Quel talent de savoir restituer cette brutalité, et en même temps tout l’amour, bancal mais si fort.

L’été circulaire – Marion Brunet (Albin Michel)

Un été dans le sud de la France, la chaleur écrasante qui se profile comme chaque année, les va et vient des ados qui se coulent dans l’insouciance des vacances. Sauf Céline, qui cette année, est enceinte. A 15 ans, ça fait jaser, forcément. Encore un texte fort et remuant de Marion Brunet, qui décidément, décrit avec une grande justesse les remous de la société et les angles morts des chemins pris.

Petite sale – Louise Mey (Le Masque)

1969 dans un coin de campagne française dominé par un riche propriétaire terrien. Dans ce tableau, Catherine fait figure de poussière, pauvreté incarnée plus bas que tout, vaquant dans la fourmilière au service de chacun.e. Un jour comme un autre s’enfonce pourtant dans la tempête lorsque la petite fille du patron dont elle a la garde disparaît dans un clignement de regard et de gesticulation. Les gendarmes sont sur le coup, bientôt épaulés par la police, l’affaire est grave et l’énigme retord.

Leurs enfants après eux – Nicolas Mathieu (Actes Sud)

Souvenez-vous, les années 90, C17, Rica Lewis, Waikiki, les consoles de jeux, les Gauloises, Nirvana… Déjà 20 ans, presque 30. Il fallait bien ça pour prendre de la hauteur, et méditer sur le contexte de l’époque. L’ère Mitterrand qui passait la main à l’ère Chirac, l’après Trente Glorieuses, les désillusions grimpantes. A travers une multitude d’histoires croisées, Nicolas Mathieu fait coïncider histoire personnelle et contexte social, le poids de l’un sur l’autre. L’un des romans marquants de cette rentrée littéraire, toujours en lice pour le Goncourt.

15 titres fraîchement sortis des presses qui rendent cet hiver palpitant

La rentrée d’hiver est souvent un peu plus palpitante que celle de septembre, plus intrigante, moins attendue, plus décomplexée, moins figée, plus simple peut-être. Et ce cru ne fait pas exception. Il y a pour ma part tant de titres qui affolent mes papilles oculaires qu’il m’a été bien difficile de n’en sélectionner qu’une quinzaine…