Garden of love – de Marcus Malte

« Schubert est mort à trente et un ans. Mozart à trente-cinq. Moi j’approchais des trente-sept et il y avait deux questions qui me taraudaient :
Qu’est-ce que j’avais fait de ma vie ?
Qu’est-ce que je connaissais de l’amour ?
Questions aussi banales qu’essentielles. Les réponses auraient dû m’achever. »

Lorsque Alexandre Astrid, flic à la déroute, reçoit un mystérieux manuscrit, de vieilles histoires refont surface, mettant en péril sa santé mentale, et la nôtre.

Alexandre, Ariel, Mathieu, Edouard, Florence, Hélène, Marie…
Les chapitres se succèdent, révélant 3 histoires qui s’entrecroisent et un chassé croisé de personnages aux personnalités complexes, les occasions ratées, l’attachement, la dépendance, la confusion des sentiments si troubles et si forts lorsque la roue tourne, la culpabilité, la mélancolie. Le passé et le présent se mêlent à donner le tournis, et si les morts sont bien réels, nous assistons à un jeu de miroir entre vrai et faux pour un roman schizophrénique à l’intrigue parfaitement menée.

« Ariel et Florence se sont tout de suite reconnus. Florence n’était pas une fille à côté de qui l’on pouvait passer sans en éprouver aucun trouble. C’est toujours le cas aujourd’hui, même si à de nombreux égards elle a beaucoup changé. Il y a certains êtres dont la seule présence suffit à vous ébranler et les sens et l’âme. »

Marcus Malte est musicien, et cette musicalité transpire dans ses romans, par des bribes de chansons, de morceaux, une écriture fine, et la construction de ses romans à la manière d’une partition, sachant dès le départ où il va mais surtout où il veut nous emmener. Et si c’est parfois déroutant et un brin alambiqué, c’est l’auteur qui joue à balader le lecteur… en toute maîtrise. Du très grand art.

J’ai découvert Marcus Malte il y a une dizaine d’années, avec La part des chiens, et Carnage constellations. J’avais déjà été séduite par son écriture et sa noirceur. La grande question à la fermeture de ce « Garden of love » est de savoir pourquoi je n’ai pas lus d’autres romans de cet auteur depuis tout ce temps… Qu’à cela ne tienne, c’est désormais réparé, avec en prime « Les harmoniques » au chevet !

« Les morts.
Les morts, qui d’abord nous soudent, nous fondent, nous confortent au sein même de notre propre société autarcique et secrète. Tous les trois comme un seul être. Les morts qui nous font unique et fort.
Et puis les morts qui finissent, à la longue, par nous séparer.
Parce qu’il y a leurs visages derrière chaque miroir. Parce que leurs bras tendus, leurs mains décharnées qui refont surface, leurs griffes qui s’accrochent aux parois. Parce que leurs os qui craquent sous chacun de nos pas et sous chacun de nos silences le grouillement de leurs voix, les chuchotis, les râles, pas une nuit, pas une seule seconde de répit. Parce que leurs âmes qui nous envahissent et partout nous accompagnent.
Les morts.
Si vous les oubliez, eux ne vous oublient pas. »

Garden of love / Marcus Malte. Zulma. 2007 (317 p.)
Paru en poche chez Folio (policier)
(Challenge Thrillers et Polars #09)

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2 commentaires sur “Garden of love – de Marcus Malte”

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