Appelez-moi Nathan – Catherine Castro & Quentin Zuttion (Payot Graphic)

Lila ne s’est jamais franchement sentie fille. Pas même garçon manqué. Plutôt garçon tout court. Si pendant l’enfance, la différence ne se fait pas encore trop sentir, les choses se compliquent à l’adolescence, entre hormones et éveil et seins qui poussent, qui la mettent au pied du mur face à son identité. Car il ne s’agit pas juste de fuir les robes légères et de préférer le foot à la danse, Catherine Castro et Quentin Zuttion nous parlent bien de dysphorie de genre. Un très bel album à faire circuler.

Blankets – Craig Thompson (Casterman)

Dans cet épais récit autobiographique, Craig Thompson revient sur sa jeunesse avec son frère, son éducation très pieuse et son premier amour, brossant ainsi le tableau d’une jeunesse dans un coin paumé des Etats-Unis où la religion a tendance a s’imposer d’elle-même. Apprentissage, initiation, passion, émancipation, découvrez cette très chouette BD qui colle à la fois le sourire aux lèvres et des frissons dans le bide.

Hiver rouge – Anneli Furmark (Ça et là)

Les années 70 dans une petite ville du nord de la Suède. L’histoire d’amour clandestine entre un homme et une femme qui n’ont pas intérêt à ce que ça se sache. Une BD chorale qui explore en subtilité le couple et l’emprise des positionnements sur les vies, les choix, les interprétations. C’est tout le talent de l’autrice de décrire le point de vacillement. Une approche vraiment intéressante.

Souvenirs de la mer assoupie – Shin’ya Komatsu (Imho)

Dans un décor qui ressemble fort aux Cyclades, aux maisons blanches bordées par la mer, nous suivons les aventures d’une petite jeune fille, déambulant au gré des rencontres, qui revêtent toujours une dimension fantaisiste et onirique. Des histoires courtes dans lesquelles on croise un voyageur en parapluie qui dompte le vent, un phare qui se déplace joyeusement dans la ville, la vie ordinaire sort de son cadre et le quotidien bascule dans l’imaginaire.

Géant et le fâcheux rendez-vous – Rune Ryberb (Les Aventuriers de l’Etrange)

Ozzy et sa copine Donna pique-niquent tranquillement dans la forêt lorsqu’un monstre aux mille yeux s’invite, gobe la jeune fille et laisse le cher et tendre comme deux ronds de flans. Il va devoir mettre ses habituels costumes de trouillard et de souffre-douleurs au vestiaire, et tâcher de valoir son habituel sobriquet, Géant, pour tenter de sauver sa peau, celle de sa belle, voire même faire ami-ami avec des monstres dégoulinants.

Sudestada – Juan Saez Valiente (M. Lafon)

Buenos Aires. Lorsqu’un détective privé un peu véreux se retrouve à enquêter sur une chorégraphe de ballets, il ne s’attend pas à ce que sa vie en soit chamboulée à ce point, et va se surprendre à plus de délicatesse et de sensibilité qu’il ne l’aurait imaginé. Nous sommes à […]

Animabilis – Thierry Murat (Futuropolis)

Hiver 1872. Un journaliste français foule les chemins enneigés du Yorshire pour faire la lumière sur d’étranges phénomènes inexpliqués. Accueil glacial par les habitants du cru, corneille qui veille, brebis décimées, sursauts moyenâgeux, légendes, rivalités, tête baissée nous entrons dans cette BD à l’atmosphère envoûtante.

Camel Joe – Claire Duplan

Une jeune illustratrice imagine une super-héroïne pour combattre les agressions sexistes et les rapports hétéro-normés. Une BD féministe sympa, très actuelle, drôle, décapante et qui sonne juste, avec un côté riot grrl assez plaisant.

A travers – Tom Haugomat (T. Magnier)

Coup de coeur pour cet album étonnant et bluffant dans lequel nous suivons la vie complète d’un astronaute, par le prisme des regards qu’il porte sur les choses et les événements. Absolument fabuleux !

La brigade des cauchemars – Franck Thilliez et Yomgui Dumont (Jungle)

Franck Thilliez délaisse un moment le roman pour initier les ados au genre du thriller à travers la BD. Il opère avec la même efficacité avec un scénario plein d’action autour de l’un de ses thèmes de prédilection, le sommeil. Esteban et Tristan font partie de la Brigade des cauchemars. Ils s’introduisent dans les songes d’un dormeur pour mettre le doigt sur les origines de ses cauchemars et tenter de les faire disparaître. A conseiller sans hésitation dès 11-12 ans.

Les filles de Salem – Thomas Gilbert (Dargaud)

Dans un récit très fort et glaçant, Thomas Gilbert retrace les procès pour sorcellerie qui se sont tenus dans le village de Salem au 17è siècle, accusant et condamnant de nombreuses femmes et jeunes filles. Une BD passionnante et étonnamment retentissante.

Malaterre – Pierre-Henry Gomont (Dargaud)

Gros coup de cœur pour cet album splendide et fascinant, l’une des très belles surprises de cette rentrée. Un domaine familial en pleine forêt équatoriale, voilà de quoi faire bomber le torse de Gabriel Lesaffre, qui pourra ainsi intégrer le monde des affaires, redonner sa splendeur à la famille, assurer sa succession. Sauf que Gabriel n’est pas un homme des bois et que ses modes de gestions laissent sérieusement à désirer.

La terre des fils – Gipi (Futuropolis)

Le monde d’après. Après quoi, on ne sait pas trop. Toujours est-il qu’un homme tente de protéger tant bien que mal ses fils du passé, de l’avenir, du monde extérieur, de ce qui pourrait les attendre ou les atteindre, d’eux-mêmes peut-être aussi. Gipi frappe fort tout en disant peu et dépeint une parfaite allégorie de ce vers quoi nous tendons. Renversant !

Le chemin des égarés – Vincent Turhan (Les Enfants rouges)

Un ouragan vient de tout retourner sur son passage. Les foules s’organisent, se déplacent. La plupart sont déjà partis rejoindre la ville riche de promesses. Reste une poignée de junkies, qui émerge des brumes de leur dernier shoot, découvrant sans trop saisir un paysage de désolation. Une ambiance post-catastrophe très bien vue pour évoquer ce monde des laissés-pour-compte. Une belle découverte.