Lenny et Lucy / Philip C. Stead et Erin E. Stead (Kaléidoscope)

Une voiture traverse la forêt, s’arrête devant une maison, la nouvelle maison d’un père, son fils et son chien. L’enfant la trouve moins bien que l’ancienne, la forêt paraît sombre et il ne semble pas y avoir grand monde dans le coin. Une très belle histoire autour du difficile thème du déménagement et plus largement du changement et des angoisses du quotidien, avec beaucoup de chaleur et de complicité. Dès 4-5 ans

Idées jeunesse, du moucheron à la grande perche

Pas de raison qu’il n’y en ait que pour les adultes, voici 20 idées pour tenter de satisfaire les enfants qui vous entourent, les vôtres, ceux des autres, ceux à venir, ou pour soi. 20 titres parus cette année qui sortent de l’ordinaire pour découvrir, réfléchir, imaginer, s’évader, s’émerveiller, s’exalter, se revigorer, se distraire. De l’album, du roman, de la BD, du documentaire, pour à peu près chaque âge, pour toutes les occasions.

Offrez du singulier

En panne d’idées ? Voici un petit florilège de bouquins parus cette année. Du roman, de la BD, de l’essai, du sens pratique, du drôle, du pas banal, du dépaysant, du croustillant. Quelque soit l’occasion, pour soi ou pour offrir, trouvez ici 21 prétextes pour sortir des sentiers battus.

Mamie Luger – Benoît Philippon (Les Arènes)

Un matin, Berthe, 102 ans, accueille des policiers en intervention devant chez elle à coup de plombs dans le derrière. Soupçonnée d’être complice d’une nouvelle mouture de Bonnie & Clyde, elle est interrogée pour son port d’arme illégal et sa façon peu courtoise de coopérer avec les bleus. La journée va être longue pour l’inspecteur Ventura, d’autant que la perquisition révèle quelques macchabées bien planqués. Revigorant et distrayant. Gros coup de coeur !

Ces jours qui disparaissent – Timothé Le Boucher (Glénat)

Lubin est voltigeur. Après une chute, il découvre que certaines journées passent à la trappe. Alors qu’au départ, il pense ne faire qu’une grosse cure de sommeil un jour sur deux, il s’aperçoit rapidement qu’une autre facette de lui-même s’exprime, prend ses marques et progressivement prend de l’assurance en vue d’occuper le terrain la majeure partie du temps. Gros coup de coeur pour cette course contre le temps sur fond de dédoublement de personnalité.

Plic ploc banquise – Claire Garralon (MeMo)

Sur un coin de banquise, les mini-portions manchot et ourson entendent un craquement, puis sentent une goutte, pas de doute « Y’a la banquise qui fond ! ». Une histoire simple sous forme de randonnée avec un final doux-amer pour commencer tout doucement à parler écologie, réchauffement climatique et protection de la planète avec les tout-petits. Dès 18 mois et bien plus tard

Entre ciel et terre – Jon Kalman Stefansson (Gallimard)

L’an dernier, Jon Kalman Stefansson faisait une entrée très remarquée dans mon paysage littéraire avec le fabuleux et renversant Asta. Ici, retour en arrière avec Entre ciel et terre, son premier roman, et également premier volume d’une trilogie. Un récit qui vibre de la poigne des pêcheurs en mer, de ceux qui naviguent sans prendre la peine de savoir nager, et quand bien même, à quoi bon, l’eau est si froide qu’elle vous cueille sans détour. Un roman d’atmosphère enivrant et incroyablement fort.

Symphonie carcérale – Romain Dutter (Steinkis)

Romain Dutter a été coordinateur culturel à Fresnes pendant une dizaine d’années. Dans ce premier roman graphique, il revient sur son parcours, son côté baroudeur d’abord, qui l’a mené au Honduras où le hasard l’a conduit à travailler dans une prison pour occuper le temps des détenus, expérience qui a forcément été déterminante dans la suite de l’histoire. Une BD originale, passionnante, instructive et non sans humour.

La maison – Emma Becker (Flammarion)

Roman coup de poing, déculotté, féministe, pro-sexe et forcément remarqué dans cette rentrée littéraire. Emma Becker est autrice et journaliste. Ça faisait un moment qu’elle s’intéressait à la condition prostituée, et a poussé ses questionnements à son paroxysme en devenant elle-même l’une d’elles. Un texte dense, pointilleux, qui ne mâche pas ses mots, intéressant à découvrir, quelque soit son positionnement sur la question.

Les Grands Conquérants – Frédéric Marais (Gulf stream)

La conquête du monde par les animaux, qui eux aussi, ont du potentiel accaparant, savent s’incruster et occuper le terrain. Le chat dans le plumard à côté est un petit joueur, ici on nous raconte comment les chevaux espagnols ont conquis le continent américain, comment les dromadaires africains gagnèrent du terrain en Australie, comment le chat de Siam fit son entrée en Angleterre, comment les iguanes prirent possession de Porto Rico… Dès 5-6 ans et bien plus tard

Corps sonores – Julie Maroh (Glénat)

Après l’incandescente rencontre amoureuse entre deux jeunes femmes dans Le bleu est une couleur chaude, Julie Maroh s’intéresse de nouveau aux sentiments et ébats amoureux dans un genre de recueil de rencontres qui ne laisse pas indifférent. C’est très beau, pluriel, intense. Une belle entracte.

Zippo – Valentine Imhof (Rouergue)

Du bon noir balèze, bien serré, et fumé avec ça. Des femmes sont retrouvées carbonisées dans un parc à Milwaukee. Les lieutenants Mia Larström et Peter McNamara sont sur le coup, mais le goût amer de la redite se fait furtif puis de plus en prégnant au fur et à mesure que le déjà-vu s’affirme. Un polar troublant et trépidant, sondant les revers de la mémoire et des corps, la fragilité et la force qui y sont rattachées. Rentrée littéraire 2019.

Sale gosse – Mathieu Palain (L’Iconoclaste)

Délinquance, parcours familiaux hors pistes et PJJ. Wilfried est placé en famille d’accueil à l’âge de 8 mois. Tout se passe globalement pas trop mal, voire même plutôt bien, jusqu’à ce que son histoire lui revienne dans les dents à l’adolescence, à l’instant charnière où se croisent quête d’identité, prises de bec, autonomie balbutiante, colère ravalée et accumulée qui finit par faire des étincelles. Rentrée littéraire 2019