Le chemin des égarés – Vincent Turhan (Les Enfants rouges)

Un ouragan vient de tout retourner sur son passage. Les foules s’organisent, se déplacent. La plupart sont déjà partis rejoindre la ville riche de promesses. Reste une poignée de junkies, qui émerge des brumes de leur dernier shoot, découvrant sans trop saisir un paysage de désolation. Une ambiance post-catastrophe très bien vue pour évoquer ce monde des laissés-pour-compte. Une belle découverte.

De la difficulté d’être parent dans les albums, auto-dérision et mauvaise foi

Stop la culpabilité et marrons-nous un peu. Les premiers mois et années ne sont pas toujours évidents (les suivants non plus d’ailleurs), et derrière le grand bonheur fou inébranlable il peut aussi y avoir la fatigue, l’épuisement, l’énervement, l’exaspération. Et même sans aller jusque-là, il y a tout de même ces petites difficultés du quotidien, les premières séparations avec l’enfant, les repas, les nuits, l’opposition… 18 titres pour en sourire.

Bébé est bien caché – Atinuke et Angela Brooksbank (Ed. des Eléphants)

L’histoire d’un petit bout de bébé tout juste réveillé, de ses tresses perlées, d’un regard dans le panier de bananes, d’un grand frère enjoué, d’un tour à vélo, d’un bus bondé, d’un bougainvillé dans le jardin du pépé, d’un câlin recroquevillé. Une histoire tout en rimes et en rythmes à travers un village africain, qui agit comme une comptine, chaleureuse et chaloupée. Beaucoup de charme, de saveurs, d’espièglerie, et un regard contemporain sur l’Afrique de l’Ouest, qui n’est pas si fréquent dans la littérature jeunesse. A découvrir sans tarder.

CONCOURS : Ásta de Jón Kalman Stefánsson (Grasset)

Un heureux hasard a déposé dans ma boîte aux lettres deux exemplaires du dernier roman de Jón Kalman Stefánsson, Ásta. J’en mets donc un en jeu, puisse-t-il satisfaire l’un.e de vous. Alors si vous voulez découvrir ce titre de cette rentrée littéraire, si vous aimez les histoires de famille, l’Islande, les années 50, tentez votre chance en déposant un commentaire sous ce billet
avant mardi 2 octobre minuit. Tirage au sort le lendemain dans la matinée. Bonne chance !

L’origine du monde – Liv Strömquist (Rackham)

Le sexe féminin enfin dépoussiéré ! Et Liv Strömquist ne fait pas les choses à moitié. Auteure de BD, journaliste et militante féministe, elle mélange ses cordes et les codes dans des albums édifiants qui en disent long sur les relations entre les femmes et les hommes. Ici, elle aborde en particulier le sexe féminin et ses représentations. Edifiant et drôle, un incontournable !

L’araignée de Mashhad – Mana Neyestani (Ça & Là)

Réfugié politique en France, Mana Neyestani continue de dénoncer les travers tragi-comiques de l’Iran. Cette fois, il se base sur une affaire de tueur en série s’attaquant à des prostituées au nom d’une application très personnelle de la charia. Instructif, ahurissant, saisissant. A découvrir !

Et si l’amour c’était aimer ? – Fabcaro (6 Pieds sous Terre)

Henri et Sandrine forment un couple parfait et sans nuage, jusqu’au jour où Sandrine a le béguin pour le livreur de macédoine. Idylles clandestines, choix tortueux, cœurs qui flanchent, Fabcaro s’en donne à cœur joie en faisant valser tous les codes du roman-photo. Le summun du kitch peut y voir un hommage doré. C’est plein de trouvailles, de jeux de sens, d’absurde et d’humour gras.

Triangle – Mac Barnett & Jon Klassen (Pastel)

Une histoire toute simple, qui commence avec un triangle, qui se prénomme Triangle, et vit avec d’autres triangles, dans des maisons triangles, avec des portes en triangle, bordées de cailloux en forme de… Et pas loin, vivent les carrés sur le même mode, et Triangle a très envie d’aller jouer un tour à Carré. Un album très drôle, sur la différence, la taquinerie, l’amitié, avec une pointe d’absurde et de malice.

Helena – Jérémy Fel (Rivages)

Avec ce deuxième roman, on sait désormais que Jérémy Fel aime décortiquer les troubles enfouis, le malaise qui colle et glace, la cruauté bien planquée qui se niche à bien des entournures, la noirceur qui fait agir, pour fuir, se protéger, se libérer. On sait aussi que le roman noir a une nouvelle voix, et que les thrillers familiaux peuvent encore faire frémir. Rentrée littéraire 2018

My absolute darling – Gabriel Tallent (Gallmeister)

Un grand roman d’apprentissage et d’émancipation. Un père et sa fille vivent à l’écart dans la campagne côtière californienne. Avec son couteau et son colt, l’ado foule les bois, les plages, c’est une fille de la nature, Turtle Aveston, et elle s’est forgée au fil des années une identité singulière, robuste. Il lui faut au moins ça pour assimiler la personnalité de son père, un homme écorché qui l’aime follement mal.