L’araignée de Mashhad – Mana Neyestani (Ça & Là)

Réfugié politique en France, Mana Neyestani continue de dénoncer les travers tragi-comiques de l’Iran. Cette fois, il se base sur une affaire de tueur en série s’attaquant à des prostituées au nom d’une application très personnelle de la charia. Instructif, ahurissant, saisissant. A découvrir !

Et si l’amour c’était aimer ? – Fabcaro (6 Pieds sous Terre)

Henri et Sandrine forment un couple parfait et sans nuage, jusqu’au jour où Sandrine a le béguin pour le livreur de macédoine. Idylles clandestines, choix tortueux, cœurs qui flanchent, Fabcaro s’en donne à cœur joie en faisant valser tous les codes du roman-photo. Le summun du kitch peut y voir un hommage doré. C’est plein de trouvailles, de jeux de sens, d’absurde et d’humour gras.

Triangle – Mac Barnett & Jon Klassen (Pastel)

Une histoire toute simple, qui commence avec un triangle, qui se prénomme Triangle, et vit avec d’autres triangles, dans des maisons triangles, avec des portes en triangle, bordées de cailloux en forme de… Et pas loin, vivent les carrés sur le même mode, et Triangle a très envie d’aller jouer un tour à Carré. Un album très drôle, sur la différence, la taquinerie, l’amitié, avec une pointe d’absurde et de malice.

Helena – Jérémy Fel (Rivages)

Avec ce deuxième roman, on sait désormais que Jérémy Fel aime décortiquer les troubles enfouis, le malaise qui colle et glace, la cruauté bien planquée qui se niche à bien des entournures, la noirceur qui fait agir, pour fuir, se protéger, se libérer. On sait aussi que le roman noir a une nouvelle voix, et que les thrillers familiaux peuvent encore faire frémir. Rentrée littéraire 2018

My absolute darling – Gabriel Tallent (Gallmeister)

Un grand roman d’apprentissage et d’émancipation. Un père et sa fille vivent à l’écart dans la campagne côtière californienne. Avec son couteau et son colt, l’ado foule les bois, les plages, c’est une fille de la nature, Turtle Aveston, et elle s’est forgée au fil des années une identité singulière, robuste. Il lui faut au moins ça pour assimiler la personnalité de son père, un homme écorché qui l’aime follement mal.

Bilan du sondage : le brainstorming qui donne des ailes

Début juin, je vous ai proposé de participer à mon brainstorming concernant le blog. Pendant un mois, vous avez pu vous exprimer via un formulaire pour m’en dire un peu plus sur ce que vous attendez d’un blog littéraire et ce que vous appréciez sur ce blog. Bilan, perspectives, et (micro) scoop.

Je vais rester – Trondheim & Chevillard (Rue de Sèvres)

Fabienne et Roland ont prévu de passer la semaine à Palavas-les-Flots. Mais à peine arrivés, le pire surgit et Fabienne se retrouve seule. Les auteurs ne tournent pas autour du pot, ils convoquent le drame, cueillent l’instant, et s’intéressent à l’après, à cette femme qui, contre toute attente, décide de rester, et de suivre le programme des vacances scrupuleusement préparé par son homme. Un bel album qui laisse songeur.

La troisième population – Aurélien Ducoudray et Jeff Pourquié (Futuropolis)

Les auteurs de BD Aurélien Ducoudray et Jeff Pourquié se sont rendus à la clinique psychiatrique de La Chesnaie, dans le Loir-et-Cher. Ils décrivent leurs rencontres et donnent à voir un portrait édifiant d’une structure pas banale, d’où découlent des réflexions plus globales sur le rapport aux maladies psychiatriques et aux soins. Très instructif !

Ça marche pas ? – Jean Gourounas (Atelier du poisson soluble)

Dans un coin de banquise, un ours, un morse, un pingouin et un renne tentent de faire fonctionner le poste de télévision mais rien à faire, il n’y a que de la neige sur l’écran. Chacun leur tour, les animaux vont y mettre du leur en perchant toujours un peu plus haut les bois d’Irène pour tâcher de capter leur émission. Humour polaire décapant et vieux souvenirs télévisuels.