My absolute darling – Gabriel Tallent (Gallmeister)

Un grand roman d’apprentissage et d’émancipation. Un père et sa fille vivent à l’écart dans la campagne côtière californienne. Avec son couteau et son colt, l’ado foule les bois, les plages, c’est une fille de la nature, Turtle Aveston, et elle s’est forgée au fil des années une identité singulière, robuste. Il lui faut au moins ça pour assimiler la personnalité de son père, un homme écorché qui l’aime follement mal.

Oddvin, le prince qui vivait entre deux mondes – Franck Prévot et Régis Lejonc (HongFei)

Dans un coin de l’immensité sibérienne, un roi tyrannique et autocentré mène son royaume à sa perte. L’un de ses fils, Oddvin, privé de la vue, sillonne les bois et la toundra avec son fidèle renne Pernelius, préférant largement la compagnie des animaux à celle des hommes. Un conte initiatique majestueux et porteur de sens. A découvrir.  Dès 8 ans

Juste après la vague – Sandrine Collette (Denoël)

Un raz-de-marée a avalé des villages entiers. Une famille est toujours debout, avec sa maison perchée tout en haut, mais plus pour longtemps, l’évidence est glaçante. Une famille nombreuse, avec une barque bien trop juste pour les contenir tous. A la croisée des genres, Sandrine Collette frappe encore une fois très fort avec un roman aussi oppressant qu’émouvant.

Je vais rester – Trondheim & Chevillard (Rue de Sèvres)

Fabienne et Roland ont prévu de passer la semaine à Palavas-les-Flots. Mais à peine arrivés, le pire surgit et Fabienne se retrouve seule. Les auteurs ne tournent pas autour du pot, ils convoquent le drame, cueillent l’instant, et s’intéressent à l’après, à cette femme qui, contre toute attente, décide de rester, et de suivre le programme des vacances scrupuleusement préparé par son homme. Un bel album qui laisse songeur.

Ça marche pas ? – Jean Gourounas (Atelier du poisson soluble)

Dans un coin de banquise, un ours, un morse, un pingouin et un renne tentent de faire fonctionner le poste de télévision mais rien à faire, il n’y a que de la neige sur l’écran. Chacun leur tour, les animaux vont y mettre du leur en perchant toujours un peu plus haut les bois d’Irène pour tâcher de capter leur émission. Humour polaire décapant et vieux souvenirs télévisuels.

Les reflets changeants – Aude Mermilliod (Le Lombard)

Pour les amateur(trice)s de tranches de vie et destins croisés. Dans le sud de la France, Elsa, 22 ans, n’arrive pas à se défaire d’une relation amoureuse qui n’en fini pas de faire des nœuds. Un peu plus loin, Jean n’arrive pas à trouver sa place dans une vie de père de famille – conducteur de train alors qu’il s’imagine encore voguer en pleine mer. Quant à Emile, sourd depuis un traumatisme durant la guerre d’Algérie, il cherche l’échappatoire qui le soulagera d’un silence devenu trop pesant.

C’est à moi ! – Anuska Allepuz (Mango)

Des éléphants vivent tranquillement dans la jungle à savourer leurs fruits favoris, mangues pour l’un, noix de coco pour l’autre, kiwis, bananes ou encore ananas, jusqu’au jour où ils lèvent la tête un peu plus haut que d’habitude et se prennent d’envie pour un magnifique fruit perché inconnu de leurs papilles. Une trame simple et efficace, un album qui respire le soleil et les fruits exotiques, des personnages tout en rondeurs joyeuses, un cocktail fruité à partager dès 2-3 ans.

L’été circulaire – Marion Brunet (Albin Michel)

Un été dans le sud de la France, la chaleur écrasante qui se profile comme chaque année, les va et vient des ados qui se coulent dans l’insouciance des vacances. Sauf Céline, qui cette année, est enceinte. A 15 ans, ça fait jaser, forcément. Encore un texte fort et remuant de Marion Brunet, qui décidément, décrit avec une grande justesse les remous de la société et les angles morts des chemins pris.

Raoul : T’aurais pu prévenir avant de partir… – Michel Van Zeveren (Ecole des loisirs)

Raoul, c’est une série qui raconte la vie par ses petits bouts, le quotidien, les petites choses comme le passage aux toilettes ou les dessins animés et les grands événements, comme l’arrivée de la petite sœur ou comme ici, en fil rouge, le décès du Papipa. Un album très doux, tendre et plein d’humour, avec tous les mots d’enfants que cela suppose. Une série à ne pas manquer.