Ces jours qui disparaissent – Timothé Le Boucher (Glénat)

Lubin est voltigeur. Après une chute, il découvre que certaines journées passent à la trappe. Alors qu’au départ, il pense ne faire qu’une grosse cure de sommeil un jour sur deux, il s’aperçoit rapidement qu’une autre facette de lui-même s’exprime, prend ses marques et progressivement prend de l’assurance en vue d’occuper le terrain la majeure partie du temps. Gros coup de coeur pour cette course contre le temps sur fond de dédoublement de personnalité.

Plic ploc banquise – Claire Garralon (MeMo)

Sur un coin de banquise, les mini-portions manchot et ourson entendent un craquement, puis sentent une goutte, pas de doute « Y’a la banquise qui fond ! ». Une histoire simple sous forme de randonnée avec un final doux-amer pour commencer tout doucement à parler écologie, réchauffement climatique et protection de la planète avec les tout-petits. Dès 18 mois et bien plus tard

Entre ciel et terre – Jon Kalman Stefansson (Gallimard)

L’an dernier, Jon Kalman Stefansson faisait une entrée très remarquée dans mon paysage littéraire avec le fabuleux et renversant Asta. Ici, retour en arrière avec Entre ciel et terre, son premier roman, et également premier volume d’une trilogie. Un récit qui vibre de la poigne des pêcheurs en mer, de ceux qui naviguent sans prendre la peine de savoir nager, et quand bien même, à quoi bon, l’eau est si froide qu’elle vous cueille sans détour. Un roman d’atmosphère enivrant et incroyablement fort.

Symphonie carcérale – Romain Dutter (Steinkis)

Romain Dutter a été coordinateur culturel à Fresnes pendant une dizaine d’années. Dans ce premier roman graphique, il revient sur son parcours, son côté baroudeur d’abord, qui l’a mené au Honduras où le hasard l’a conduit à travailler dans une prison pour occuper le temps des détenus, expérience qui a forcément été déterminante dans la suite de l’histoire. Une BD originale, passionnante, instructive et non sans humour.

La maison – Emma Becker (Flammarion)

Roman coup de poing, déculotté, féministe, pro-sexe et forcément remarqué dans cette rentrée littéraire. Emma Becker est autrice et journaliste. Ça faisait un moment qu’elle s’intéressait à la condition prostituée, et a poussé ses questionnements à son paroxysme en devenant elle-même l’une d’elles. Un texte dense, pointilleux, qui ne mâche pas ses mots, intéressant à découvrir, quelque soit son positionnement sur la question.

Les Grands Conquérants – Frédéric Marais (Gulf stream)

La conquête du monde par les animaux, qui eux aussi, ont du potentiel accaparant, savent s’incruster et occuper le terrain. Le chat dans le plumard à côté est un petit joueur, ici on nous raconte comment les chevaux espagnols ont conquis le continent américain, comment les dromadaires africains gagnèrent du terrain en Australie, comment le chat de Siam fit son entrée en Angleterre, comment les iguanes prirent possession de Porto Rico… Dès 5-6 ans et bien plus tard

Corps sonores – Julie Maroh (Glénat)

Après l’incandescente rencontre amoureuse entre deux jeunes femmes dans Le bleu est une couleur chaude, Julie Maroh s’intéresse de nouveau aux sentiments et ébats amoureux dans un genre de recueil de rencontres qui ne laisse pas indifférent. C’est très beau, pluriel, intense. Une belle entracte.

Zippo – Valentine Imhof (Rouergue)

Du bon noir balèze, bien serré, et fumé avec ça. Des femmes sont retrouvées carbonisées dans un parc à Milwaukee. Les lieutenants Mia Larström et Peter McNamara sont sur le coup, mais le goût amer de la redite se fait furtif puis de plus en prégnant au fur et à mesure que le déjà-vu s’affirme. Un polar troublant et trépidant, sondant les revers de la mémoire et des corps, la fragilité et la force qui y sont rattachées. Rentrée littéraire 2019.

Sale gosse – Mathieu Palain (L’Iconoclaste)

Délinquance, parcours familiaux hors pistes et PJJ. Wilfried est placé en famille d’accueil à l’âge de 8 mois. Tout se passe globalement pas trop mal, voire même plutôt bien, jusqu’à ce que son histoire lui revienne dans les dents à l’adolescence, à l’instant charnière où se croisent quête d’identité, prises de bec, autonomie balbutiante, colère ravalée et accumulée qui finit par faire des étincelles. Rentrée littéraire 2019

Les yeux fumés – Nathalie Sauvagnac (Le Masque)

Un roman coup de point qui reflète les invisibles des périphéries. Philippe n’est pas le préféré de la famille, en tout cas pas de sa mère, qui ne peut plus le voir en peinture, et encore moins depuis qu’il zone dans la maison et larve sans que le moindre changement se profile. Quid de l’oeuf ou la poule, de qui a provoqué le rejet de l’autre, a tiré le premier, de ce qui a rendu ce môme comme ça, toujours est-il qu’il finit par se barrer, rencontre Bruno, hippie zonard aux histoires fabuleuses, se prend dans la tronche la réalité du quartier, de la cité, du béton. Philippe va malgré tout trouver du boulot, rencontrer Mickey, Anne… et tenter d’avancer, à défaut d’autre chose. Rentrée littéraire 2019

La tuerie – Laurent Galandon et Nicolas Otero (Les Arènes)

A sa sortie de prison, Yannick se fait embaucher dans l’abattoir du coin. Une mission intérim comme une autre, à cela prêt que les conditions de travail sont loin d’être banales, et qu’il n’est peut-être pas là par hasard. Le titre ne fait pas dans la dentelle et nous sommes cueillis dès le départ par un texte glaçant de Guillaume Meurice. On ne s’attend donc pas à une apologie de la bavette échalotes ou du filet américain. La consommation de viande fait débat, et si elle en prend pour son grade ici, il ne s’agit pas d’un positionnement à charge. Les auteurs prennent de la hauteur en insufflant une dimension sociale très forte et un angle polar bien mené.

Le loup – Jean-Marc Rochette (Casterman)

Coup de coeur pour ce récit subjuguant qui nous plonge dans l’intimité de la pleine montagne. Jean-Marc Rochette décrit de manière prodigieuse l’affrontement entre un berger et un jeune loup, la colère qui se mue en haine vengeresse, la patience qui en découle, les forces puisées et amenuisées, la mort […]

Bonjour – Alastair Heim et Alisa Coburn (Didier jeunesse)

Un renard qui a plus d’un tour dans son sac décide de le remplir justement son sac, s’introduisant dans une coquette et reluisante demeure qui ne manque pas de mettre en émoi son flair détrousseur. Mais les propriétaires, qui ont un petit air de déjà-vu, ne sont pas du genre à se faire embarquer l’argenterie si facilement. Une fable mordante qui se mue en conte revisité, à dévorer et partager dès 4-5 ans.

Le cheveu – Julien Perrin et Fred L. (Alice jeunesse)

Dans la savane, celui qui orne, dresse et rend sa superbe aux chevelures sauvages c’est le porc-épic. Qu’il s’agisse d’une crête rose pour le zèbre, d’un brushing pour le gnou, de dreadlocks pour le lion ou de lisser les moustaches du guépard, Lepic est à n’en pas douter un as des ciseaux. Mais qu’en sera-t-il devant le crocodile qui cherche à se débarrasser de son cheveu sur la langue ? Une très chouette découverte, efficace, vive et distrayante, à partager dès 3 ans.

En silence – Audrey Spiry (KSTR)

Etonnante et bluffante BD sur une virée en canyoning. Juliette et son compagnon se lancent dans l’aventure, avec un couple et leurs deux filles, et le guide à l’aisance désinvolte. La journée qui s’avère riche en adrénaline le sera doublement puisque la jeune femme, en apprenant à repousser ses limites, […]

Figurec – Fabrice Caro (Gallimard)

Fabcaro a le vent en poupe et du coup, ses anciens textes prennent du galon. Oh joie pour les amateurs d’avoir encore de quoi se mettre sous la dent. L’histoire d’un type qui court les enterrements, qui rencontre bientôt un autre type avec la même occupation, et va mettre le pied dans une organisation monumentale et flippante. Un roman distrayant qui ne manque pas de panache.

Les Grrr – Clémence Sabbagh et Agathe Moreau (Le Diplodocus)

Un album où l’humeur ronchonne est personnifiée, donnant des scènes épiques où l’on croirait rassemblés toute une flopée de Jean-Pierre Bacri (ou d’enfants ce qui est d’ailleurs plus probable, et plus dans le thème). Bref, les Grrr ne sont jamais contents, ils grognent contre la météo, contre ce qu’il y […]