La brigade des cauchemars – Franck Thilliez et Yomgui Dumont (Jungle)

Franck Thilliez délaisse un moment le roman pour initier les ados au genre du thriller à travers la BD. Il opère avec la même efficacité avec un scénario plein d’action autour de l’un de ses thèmes de prédilection, le sommeil. Esteban et Tristan font partie de la Brigade des cauchemars. Ils s’introduisent dans les songes d’un dormeur pour mettre le doigt sur les origines de ses cauchemars et tenter de les faire disparaître. A conseiller sans hésitation dès 11-12 ans.

Les filles de Salem – Thomas Gilbert (Dargaud)

Dans un récit très fort et glaçant, Thomas Gilbert retrace les procès pour sorcellerie qui se sont tenus dans le village de Salem au 17è siècle, accusant et condamnant de nombreuses femmes et jeunes filles. Une BD passionnante et étonnamment retentissante.

Les boîtes de peinture / Marcel Aymé et May Angeli (Ed. des Eléphants)

Redécouvrir les contes du chat perché avec les superbes gravures de May Angeli. Delphine et Marinette, enchantées par leurs nouvelles boîtes de peinture, décident d’aller faire le portrait des animaux de la ferme. Mais piqués au vif par les représentations des fillettes, les bestiaux revêtent l’apparence trompeuse. L’âne n’a plus que deux pattes, le cheval a rétréci et les boeufs ont disparu…

Baïka – magazine voyageur pour les 8-12 ans

Ouvrir un numéro de Baïka, c’est entamer un voyage immobile, un pied dans l’imaginaire avec du conte et de la mythologie, l’autre dans la réalité avec des reportages et une ouverture sur le monde. Chaque numéro est l’occasion de découvrir deux ou trois pays ou régions du monde par le biais de légendes, d’infos diverses, de reportages et de jeux permettant d’aborder l’histoire du lieu, son évolution, ses coutumes, et des questions culturelles, écologiques, migratoires, etc. Au sommaire de ce numéro d’automne, La Roumanie et l’Île de Pâques. Un magazine à découvrir !

Asta – Jon Kalman Stefansson (Grasset) #MRL18

Gros coup de cœur pour ce roman absolument sublime. Vraiment un grand moment de littérature. Alors que Sigaldi vient de tomber de l’échelle, ses souvenirs remontent. On apprend sa rencontre avec Helga dans les années 50, leurs filles, l’Islande. Progressivement, les épisodes s’imbriquent et l’on prend la mesure des passions, des prises de bec, des tempéraments volcaniques.

Malaterre – Pierre-Henry Gomont (Dargaud)

Gros coup de cœur pour cet album splendide et fascinant, l’une des très belles surprises de cette rentrée. Un domaine familial en pleine forêt équatoriale, voilà de quoi faire bomber le torse de Gabriel Lesaffre, qui pourra ainsi intégrer le monde des affaires, redonner sa splendeur à la famille, assurer sa succession. Sauf que Gabriel n’est pas un homme des bois et que ses modes de gestions laissent sérieusement à désirer.

Leurs enfants après eux – Nicolas Mathieu (Actes Sud)

Souvenez-vous, les années 90, C17, Rica Lewis, Waikiki, les consoles de jeux, les Gauloises, Nirvana… Déjà 20 ans, presque 30. Il fallait bien ça pour prendre de la hauteur, et méditer sur le contexte de l’époque. L’ère Mitterrand qui passait la main à l’ère Chirac, l’après Trente Glorieuses, les désillusions grimpantes. A travers une multitude d’histoires croisées, Nicolas Mathieu fait coïncider histoire personnelle et contexte social, le poids de l’un sur l’autre. L’un des romans marquants de cette rentrée littéraire, toujours en lice pour le Goncourt.

La terre des fils – Gipi (Futuropolis)

Le monde d’après. Après quoi, on ne sait pas trop. Toujours est-il qu’un homme tente de protéger tant bien que mal ses fils du passé, de l’avenir, du monde extérieur, de ce qui pourrait les attendre ou les atteindre, d’eux-mêmes peut-être aussi. Gipi frappe fort tout en disant peu et dépeint une parfaite allégorie de ce vers quoi nous tendons. Renversant !

Le chemin des égarés – Vincent Turhan (Les Enfants rouges)

Un ouragan vient de tout retourner sur son passage. Les foules s’organisent, se déplacent. La plupart sont déjà partis rejoindre la ville riche de promesses. Reste une poignée de junkies, qui émerge des brumes de leur dernier shoot, découvrant sans trop saisir un paysage de désolation. Une ambiance post-catastrophe très bien vue pour évoquer ce monde des laissés-pour-compte. Une belle découverte.

De la difficulté d’être parent dans les albums, auto-dérision et mauvaise foi

Stop la culpabilité et marrons-nous un peu. Les premiers mois et années ne sont pas toujours évidents (les suivants non plus d’ailleurs), et derrière le grand bonheur fou inébranlable il peut aussi y avoir la fatigue, l’épuisement, l’énervement, l’exaspération. Et même sans aller jusque-là, il y a tout de même ces petites difficultés du quotidien, les premières séparations avec l’enfant, les repas, les nuits, l’opposition… 18 titres pour en sourire.