Dans la forêt – de Jean Hegland (Gallmeister)

Le monde est en suspens. Plus d’essence ni d’électricité. La maladie qui s’insinue, laissant sur le carreau pas mal de morts. Deux sœurs se retrouvent dans la maison familiale, presque coupées du monde, en lisière de forêt. A la croisée du récit initiatique, du nature writing et de la fable écologique, un roman troublant qui fait sens, à méditer et à partager.

Sukkwan island – de David Vann (Gallmeister)

Un père et son fils de 13 ans partent s’installer en pleine nature, à Sukkwan island, une île planquée en Alaska, avec ses paysages à couper le souffle, et la nature hostile pas toujours facile à manœuvrer. Et s’imaginer être plus fort que le silence assourdissant et la solitude extrême peut conduire au drame. Un roman très noir, bouleversant, dérangeant, et un auteur précieux à garder à l’œil. A découvrir également l’adaptation graphique.

Hound Dog a fait un rêve / Marc Villard

La collection Récits d’objets met en valeur les collections du Musée des Confluences de Lyon en invitant des auteurs à écrire une fiction à partir d’une pièce choisie. Marc Villard s’est emparé d’un sac chamanique des indiens Ojibwa du 19ème siècle et nous offre un très beau texte à la teneur ethnographique.

La fête sauvage – de Annie Mignard

Un enfant de 5 ans court la campagne, saute tant qu’il peut comme on joue à cet âge et tombe dans un trou, un mince entrefilet dans la caillasse qui semble l’avoir aspiré d’un coup, une dégringolade de vingt mètres en une respiration, pfuit disparu. Annie Mignard s’inspire de l’accident de Vermicino survenu en Italie en 1981 et livre un texte étrange, spectaculaire et bestial, dans son humanité, dans son traitement, dans sa poésie.

Accidents – de Olivier Bordaçarre

Encore un grand moment avec Olivier Bordaçarre, une sacrée belle claque même, frémissante et galvanisante, avec l’histoire de ce couple tout neuf, cette rencontre qui de façon inattendue soulève des secrets qui n’arrivent plus à rester sous le tapis. Avec une grande justesse, l’auteur décrit la rivalité et les jeux de miroirs, en poussant ses personnages dans leurs retranchements, jusqu’à l’implosion si nécessaire.

Avenue nationale – de Jaroslav Rudis

Vandam, un surnom à la sauce tchèque pour un fan de Jean-Claude, amateur de pompes en série, de bière au comptoir, de bastons et grand défenseur du salut romain. Ça donne un aperçu du personnage… Et pourtant, ça va plus loin que ça. C’est un grand plongeon en République tchèque, avec un fond d’histoire et de culture locale qui pose l’ambiance. Un roman très sec, entêtant, rude, qui pose question.

Beckomberga : Ode à ma famille – de Sara Stridsberg

Immersion à Beckomberga, hôpital psychiatrique où réside Jim, une vie en marge ponctuée par les nombreuses visites de sa fille. Une écriture très fine, des chapitres courts, comme autant d’allers retours entre passé et présent, qui nous plongent dans l’histoire à la fois difficile, douloureuse et bourrée d’amour et de respect de cette famille hors-norme. Un tour de force pas si évident et très bien rendu par Sara Stridberg. Une belle surprise et un gros coup de cœur.