L’araignée de Mashhad – Mana Neyestani (Ça & Là)

Réfugié politique en France, Mana Neyestani continue de dénoncer les travers tragi-comiques de l’Iran. Cette fois, il se base sur une affaire de tueur en série s’attaquant à des prostituées au nom d’une application très personnelle de la charia. Instructif, ahurissant, saisissant. A découvrir !

Ça marche pas ? – Jean Gourounas (Atelier du poisson soluble)

Dans un coin de banquise, un ours, un morse, un pingouin et un renne tentent de faire fonctionner le poste de télévision mais rien à faire, il n’y a que de la neige sur l’écran. Chacun leur tour, les animaux vont y mettre du leur en perchant toujours un peu plus haut les bois d’Irène pour tâcher de capter leur émission. Humour polaire décapant et vieux souvenirs télévisuels.

Crache trois fois – Davide Reviati (Ici Même)

Un village italien, des gamins qui ont poussé au gré de leurs trouvailles, sont devenus une bande de potes qui ont tout partagé ou presque. Et Loretta, la fille de gitans, qui n’est jamais loin mais pas tout à fait là, qui intrigue et fout la trouille, et dont on se moque pour mieux se protéger. Davide Reviati signe un roman graphique très fort, navigant entre récit d’apprentissage et histoire du peuple rom, dans lequel il passe au peigne fin le rapport à la différence et le racisme ordinaire qui en découle trop souvent.

Omar le navigateur – Pedro Rodriguez (Les Aventuriers de l’Etrange)

De la piraterie pur jus dans ce récit mené tambour battant, avec de l’aventure, du mystère, du folklore, un morceau d’histoire du bassin méditerranéen qui était alors sous le joug de l’Empire Ottoman, et une solide histoire d’amitié face à l’épreuve du temps. Une BD d’aventure efficace qui s’adresse à un large lectorat dès 10 ans.

Et si vous offriez des indés ?

Quelques bouquins pas communs qui ne manqueront pas d’alimenter vos discussions pendant vos repas de fin d’année, d’éblouir, de surprendre et de ravir, parce qu’ils sont originaux, beaux, spéciaux, qu’ils en jettent en somme. Du roman, du documentaire ou de la BD, de l’actu, du contemporain, de l’historique, du drôle, du croustillant, du pétrifiant, pour soi, pour les autres, faites vos choix.

A voté / Isaac Asimov (Le Passager clandestin)

En 1955, Isaac Asimov imaginait une société ayant perdu tout sens commun à force de radinerie démocratique. Une nouvelle on ne peut plus d’actualité dans laquelle l’auteur dressait déjà un portrait stupéfiant et glaçant de la manipulation sondagière, imaginant un monde où la libre pensée serait réduite à néant par un tour de passe-passe démagogique.

Seules les bêtes – de Colin Niel (Rouergue)

Dans les plateaux des Causses, une femme disparaît. L’assistante sociale s’interroge, ouvrant la danse d’un roman choral savamment orchestré. Chacun dévoilera sa culpabilité, ses doutes, les rêves devenus opaques. Un puissant roman sur la solitude et l’isolement qui désarment les désirs et rendent capable de tout.

Sukkwan island – de David Vann (Gallmeister)

Un père et son fils de 13 ans partent s’installer en pleine nature, à Sukkwan island, une île planquée en Alaska, avec ses paysages à couper le souffle, et la nature hostile pas toujours facile à manœuvrer. Et s’imaginer être plus fort que le silence assourdissant et la solitude extrême peut conduire au drame. Un roman très noir, bouleversant, dérangeant, et un auteur précieux à garder à l’œil. A découvrir également l’adaptation graphique.

Société noire d’Andreu Martin, polar au cœur de la mafia chinoise

De nos jours, Barcelone, loin de l’image de ville souriante de la movida. C’est ce que va nous prouver Andreu Martin et son enquêteur Diego Cañas avec l’arrivée « des Chinois ». Un vent d’est, un vent mauvais, souffle sur la Catalogne qui voit s’installer le crime à très grande échelle. Les gangs hispaniques vont aller se rhabiller, ils ne sont pas de taille.