Payer la terre – Joe Sacco (Futuropolis)

Joe Sacco, reporter BD passionné et passionnant, a pour habitude de s’attaquer aux gros morceaux de l’Histoire du monde contemporain, ceux du genre pas simples à démêler, à vous coller la chair de poule. Après avoir épluché le conflit entre Israël et Palestine, l’Irak ou la guerre en Bosnie, il revient avec encore un gros morceau, sur la question des ethnies des territoires du Nord-Ouest canadien, juste au-dessous de l’Arctique, avec toute l’humanité, la puissance et le respect que l’on connaît de l’auteur.

La tuerie – Laurent Galandon et Nicolas Otero (Les Arènes)

A sa sortie de prison, Yannick se fait embaucher dans l’abattoir du coin. Une mission intérim comme une autre, à cela prêt que les conditions de travail sont loin d’être banales, et qu’il n’est peut-être pas là par hasard. Le titre ne fait pas dans la dentelle et nous sommes cueillis dès le départ par un texte glaçant de Guillaume Meurice. On ne s’attend donc pas à une apologie de la bavette échalotes ou du filet américain. La consommation de viande fait débat, et si elle en prend pour son grade ici, il ne s’agit pas d’un positionnement à charge. Les auteurs prennent de la hauteur en insufflant une dimension sociale très forte et un angle polar bien mené.

Grise fiord – Gilles Stassart (Rouergue)

Le Grand Nord canadien comme on le lit rarement. Un roman noir, politique, ethnographique, intense. Un roman initiatique qui mue en voyage, abordant les questions de filiation, de croyances, les regrets, les quêtes personnelles. On y lit l’âpreté, la rudesse, la chaleur, et plus concrètement la chasse, la survie, les déplacements en traineaux, les meutes de chiens. Une histoire forte et dramatique, et nous convie à une exploration peu commune et magnifique dans le cercle arctique.

Le corps est une chimère – Wendy Delorme (Au Diable Vauvert)

Wendy Delorme est universitaire, performeuse, activiste féministe queer, écrivaine. Pour ce quatrième roman, elle aborde ce qu’elle connaît bien et défend quotidiennement, les questions d’identité, de genre, de féminin-masculin.  A travers une galerie de personnages, elle parle des minorités en leur donnant corps, pointant qu’elles ne sont en rien des exceptions.

L’araignée de Mashhad – Mana Neyestani (Ça & Là)

Réfugié politique en France, Mana Neyestani continue de dénoncer les travers tragi-comiques de l’Iran. Cette fois, il se base sur une affaire de tueur en série s’attaquant à des prostituées au nom d’une application très personnelle de la charia. Instructif, ahurissant, saisissant. A découvrir !

Les larmes du seigneur afghan – Campi, Zabu, Bourgaux (Dupuis)

Immersion dans le conflit afghan. En 2010, la reporter Pascale Bourgaux se rend une fois de plus en Afghanistan, dans un village au nord du pays où elle a tissé des relations depuis une dizaine d’années, dont une précieuse avec un seigneur de guerre. Elle constate avec sidération que malgré l’assise du bonhomme, le terrain est à deux doigts de se faire récupérer par les talibans. Une BD documentaire instructive. Une bonne entrée en matière pour aborder les conflits au Moyen-Orient et toute la difficulté d’y remédier.

Un printemps à Tchernobyl

« Cette pluie tiède d’avril… les gouttes roulaient comme du mercure. On dit que radiation n’a pas de couleur, mais les flaques étaient vertes ou jaunes, fluorescentes. » En 2008, sous l’impulsion d’une association antinucléaire et des Dessin’acteurs (association de promotion du dessin militant), le scénariste et dessinateur de BD […]

Mapuche – Caryl Férey

Argentine. Fin des années 70. La dictature militaire sous Videla. Le processus de réorganisation nationale. Des milliers de prisonniers politiques et « disparus », torturés, mis à mort. Des enfants kidnappés et livrés à de nombreuses familles proches du pouvoir. C’est dans cette histoire noire de l’Argentine que l’on plonge sans détour avec Mapuche.