La Sève et le Givre de Léa Silhol

Trois fois les Parques ont parlé, et, Finstern, Roi de la Cour unseelie de Dorcha, doit mourir. Sauf si… Comme une dernière chance, ou un danger supplémentaire, des puissances contraires mettent au monde Angharad. Elle peut contrecarrer le destin de Finstern, ou le précipiter, et s’avance sur l’échiquier, porteuse du pouvoir de trancher entre des myriades d’intérêts divergents. Mais sans savoir quel est son destin…

Le passage en Féérie est vertige. Tout comme la prose de Léa Silhol qui se situe aux frontières de la poésie. Le texte ciselé, dentelle délicate, est parfaitement ajusté à l’histoire et l’auteur tisse un monde envoûtant peuplé d’êtres fascinants, puissants et dangereux.
Elle dévoile une Féérie (très différente de certains clichés emprunts de niaiserie) divisée en cours, au système politique complexe, berceau de luttes implacables pour le pouvoir. Les questions de la destinée et du libre arbitre tiennent une place centrale à travers le parcours de nombreux personnages : la profondeur du récit égale ici sa forme.
L’écriture confère à ce roman une atmosphère très particulière : le lecteur avance à pas contés dans ces territoires inconnus ; les brumes du merveilleux médiéval, de la mythologie et des traditions celtiques nimbent l’histoire de Finstern et d’Angharad. L’auteur s’est réappropriée ces thèmes pour dépeindre un univers syncrétique et cohérent.
Tout se révèle exacerbé et sans concession: la violence des passions, la puissance des sentiments, la nature profonde des êtres, la splendeur des paysages et des bâtiments, la profondeur des rivière et la noirceur de leurs eaux…

Le lecteur ne ressortira pas indemne de ce voyage en Féérie et les personnages de Léa Silhol vous appelleront sans doute longtemps à travers le voile qui sépare les mondes.

Petites précisions :
Bien qu’une suite ait été publiée (La Glace et la Nuit,  aux Moutons électriques), ce roman a une fin en soi.
Cette œuvre a obtenu le prix Merlin (2003) du meilleur roman fantasy

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