L’anguille – Valentine Goby (T. Magnier)

Un roman lumineux et revigorant

Camille vient de déménager. Nouvelle maison, nouvelle ville, nouvelle région et nouveau bahut surtout. Découvrir sa nouvelle classe de 6è et s’attendre à tous les regards étonnés et curieux tournés vers elle pendant un moment. Car Camille est née sans bras, un corps pas banal qui n’arrête pas cette ado pleine de vie et d’inventivité. Elle va rapidement se lier à Halis, copain de cours en surpoids qui a du mal à assumer la place qu’il prend et tente de se rendre invisible, et bientôt toute une bande de potes qui s’avèreront tous différents les uns des autres et surtout, complémentaires.

« Mais je ne suis pas handicapée. Je suis différente. On est tous différents, les cheveux, les yeux, la taille, la voix, disons que je suis un peu plus différente. »

Un très chouette et beau roman sur l’adolescence, la différence, l’amitié, l’acceptation de soi et des autres. Valentine Goby avait déjà exploré ce type d’infirmité l’an dernier dans Murène, l’histoire d’un homme perdant ses bras dans un accident en 1956, qui a près avoir réinventé ses ressources et réuni sa volonté, trouvera sa résurrection dans l’eau. Une histoire fictive impulsée à l’autrice par son admiration pour le nageur chinois Tao Zheng, champion de natation au 100 m aux jeux paralympiques de Rio en 2016. Elle s’adresse ici aux ados un texte lumineux et regivorant, qui change des nombreux romans qui jouent sur la corde sensible de la maladie ou du handicap. Elle arrive ici à s’en extraire brillamment, jouant la carte de l’universalité, avec des évocations percutantes et fines. A glisser dans toutes les mains !

L’anguille
Valentine Goby
Editions Thierry Magnier
2020
142 pages

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