Ces jours qui disparaissent – Timothé Le Boucher (Glénat)

« C’est un peu compliqué. J’ai des sortes de perte de mémoire. Des jours entiers, sans aucun souvenir. »

Lubin est voltigeur. Après une chute, il découvre que certaines journées passent à la trappe. Alors qu’au départ, il pense ne faire qu’une grosse cure de sommeil un jour sur deux, il s’aperçoit rapidement qu’une autre facette de lui-même s’exprime, prend ses marques et progressivement prend de l’assurance en vue d’occuper le terrain la majeure partie du temps.

J’ai découvert Timothé Le Boucher récemment, avec Le Patient (2019), un thriller psychologique trépident, étonnant et remuant, sur les thèmes des troubles de la personnalité et de l’identité. Ici, sa précédente BD, devant laquelle Le Patient, après coup, fait pâle figure. Car Ces jours qui disparaissent vous cueille et vous balade sans crier gare, avec un scénario musclé délivré avec patience, mesure et tension jusqu’à l’imposant dénouement final.

Les troubles de la personnalité sont donc également au coeur de ce récit, prétexte à creuser l’identité, notre dualité, et les relations entre le corps et l’esprit, comment l’un joue sur l’autre, ou dépend de l’autre.

« Je ne me souviens pas. J’ai l’impression que quelqu’un prend ma place. »

Nous suivons les découvertes de Lubin, le repérage du temps, les changements qui interviennent progressivement, ses relations familiales, amicales, amoureuses, et les conséquences d’une telle situation sur ces vies qui se croisent, avec ou sans lui.

Une BD que j’ai eu du mal à ouvrir malgré tout le bien que je lisais à son sujet, par son dessin qui ne m’emballait guère notamment. La découverte n’en aura été que plus chavirante.

Timothé Le Boucher s’intéresse au rapport au temps, aux mutations technologiques, aux évolutions des contextes sociétaux. Tout y est. Nous sommes à la fois dans de la chronique sociale, dans du thriller, et dans bien d’autres choses que je ne dévoilerais pas pour vous laisser découvrir le plus « innocemment » possible cette BD décidément renversante. Vous l’aurez compris, c’est un énorme coup de coeur, que je ne saurais que trop vous recommander de (faire) découvrir.

Ces jours qui disparaissent
Timothé Le Boucher
Glénat
2017
192 pages

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11 commentaires sur “Ces jours qui disparaissent – Timothé Le Boucher (Glénat)”

  1. J’ai adoré cet album dont l’histoire reste en moi, et comme toi, si j’ai aimé Le Patient, je le trouve en deçà de celui-ci.
    J’ai découvert récemment un album « plus vieux » (2014), Les vestiaires. Vraiment très dérangeant, mais à lire.

  2. J’ai adoré celui-ci, alors que, tout comme toi, je n’étais guère attirée par le dessins (les couleurs aussi !). Mais on est tellement happé par l’histoire, on se demande tellement comment ça va se terminer… J’ai beaucoup aimé aussi « le patient », mais la fin, trop ambiguë, m’a laissé sur la mienne.

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