Ogres et ogresses

Une ogresse qui se fait passer pour une chèvre, une autre qui se met en tête de cuisiner un garçonnet, ou encore un ogre qui tente de se repaître sa petite voisine.
Pas de méprise, ce sont bien trois histoires d’ogres et d’ogresses que nous raconte ici Praline Gay-Para. Des contes classiques où la dévoration est reine mais toujours éconduite par la ruse et la finesse.

La conteuse reprend ainsi une version libanaise de l’histoire du loup et des sept chevreaux, où le loup est remplacé par une ogresse. Une version très efficace qui rappellera un petit quelque chose aux enfants tout en les invitant dans un autre univers, mis en images par Martine Bourre et ses belles illustrations colorées et rapiécées.

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Avec Trouvé-dans-un-nid, Praline Gay-Para adapte un conte peu connu des frères Grimm (Fundevogel ou Volétrouvé). Un père et sa fille trouvent un bébé dans un nid, décident de le garder, de l’élever pour qu’il devienne le petit frère de la fillette. Tout se passe pour le mieux jusqu’au jour où la cuisinière Suzon décide de faire cuire le bambin. Les deux enfants fuient la maison, mais la grosse Suzon ne compte pas en rester là. Un conte de randonnée illustré par Rémi Saillard qui confère un certain mouvement à ces images, donnant l’impression de courir avec les enfants cherchant à échapper à la terrible Suzon, avec des tons assez sombres pour une ambiance qui n’est pas sans rappeler Hansel et Gretel.

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Aïcha et l’ogre est un conte populaire tunisien et serait également une version du Petit chaperon rouge, assez éloignée de celle que l’on connaît. Une fillette doit rester seule chez elle pendant 40 jours et 40 nuits alors que  son père est parti pour affaires. Malgré les recommandations et précautions dispensées, Aïcha fait un trou dans l’enceinte (pourtant gigantesque) de la maison, et rencontre l’ogre qui vit juste en face. Un échange va se mettre en place, où chaque jour, elle aura la vie sauve si elle le laisse lui sucer le doigt. Vanessa Hié apporte ses illustrations brossées qui nous plongent dans l’ambiance les rues du Maghreb.

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Des contes pour les enfants un peu plus grands, dès 6-7 ans, (sauf le premier qui peut être lu à des plus jeunes), des contes traditionnels avec un petit côté impressionnant « pour se faire peur » mais pas trop non plus. Qu’on se rassure, tout se termine bien, sauf pour les ogres.

Sur le cd, Praline Gay-Para raconte avec son accent libanais et sa patate chaude dans la bouche qui vous enveloppe dans son univers et vous plonge au coeur des histoires pour un dépaysement total.
De la ruse, de l’humour, des frissons aussi, tout ce qu’il faut en somme pour ravir les amateurs du genre.

Durée du CD 35 mn

Ogres et ogresses / Praline Gay-Para. Didier jeunesse
Contes parus précédemment dans les collections A petits petons et Escampette.
(Challenge Je lis aussi des albums #09)

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2 commentaires sur “Ogres et ogresses

  1. Je connais cette auteure (mais pas cet album) pour ses albums chez Didier Jeunesse ! J’adore « Quel radis dis-donc ».
    J’aime bien les illustrations très colorées de Martine Bourre, que je connaissais déjà (encore Didier Jeunesse) et je me suis aperçue que je connaissais déjà aussi Rémi Saillard (je ne vous redis pas grâce à quel éditeur, ça va devenir lassant…)
    Par contre, je ne connaissais pas Vanessa Hié, mais j’aime beaucoup aussi son dessin et les couleurs utilisées…

    1. Si vous êtes (comme moi) fidèle aux éditions Didier jeunesse, vous avez sans doute déjà croisé ces albums édités séparément. L’éditeur a eu la bonne idée de rassembler certains contes par thèmes, en ajoutant un cd avec les histoires lues, une belle façon de les redécouvrir. J’aime particulièrement Gourmand trop gourmand avec Le poussin et le chat (mon préféré), La mare aux aveux et Les deux oursons.
      Que radis dis-donc ! idem, je ne m’en lasse pas !

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