Un vent de cendres – de Sandrine Collette

« L’abstinence forcée des hommes dont personne ne veut le rend fou. »

C’est le temps des vendanges. Cette année, Malo et Camille ont décidé de tenter l’aventure, rejoindre d’autres étudiants pour deux semaines, goûter à l’air de la Champagne, entre travail rude la journée et ambiance colonie de vacances le soir. Mais à l’arrivée, l’atmosphère est confuse. Les propriétaires des lieux sont peu loquaces et pas franchement engageants.

Le couple que forment Andreas et Octave pose question. Quel lien les unit ? Pourquoi tant de mystères, d’isolement  et de noirceur les entourent. L’un d’eux fait quelques apparitions, le visage défiguré par une impressionnante cicatrice laissant percevoir un douloureux événement passé, l’autre reste enfermé chez lui depuis de nombreuses années. Les ragots vont bon train, mais qui pourrait imaginer ce que couvrent les murs de leur grande bâtisse ?

« Envoûtée par l’attraction qu’exercent les monstres et qui fait qu’on ne peut pas s’empêcher de les regarder, ni de croire qu’ils pourraient se transformer en princes et être sauvés. »

Dès leur arrivée, Malo se méfie d’Octave, le surprenant à observer sa sœur avec un peu trop d’insistance. Camille refuse de céder aux idées reçues et tente même de briser la glace avec cet homme si mystérieux.
Le troisième jour, Malo disparaît, laissant planer le trouble dans le groupe.

Deuxième roman de Sandrine Collette, et ce n’est pas le plus réussi à mon goût. Un roman bien ficelé mais un peu facile, un peu déjà vu, et surtout, quand on connaît ses autres romans, un goût de trop peu. En revanche, l’auteur confirme qu’elle sait tisser une ambiance, décrire habilement la tension qui grimpe, la rudesse du travail, les maux du corps, et au fil des pages le malaise qui s’insinue. Sandrine Collette joue sur les ressentis et l’ambiguïté qui en découle parfois. Encore une fois, elle met le doigt sur les accidents de la vie. Les monstres de ses romans le sont devenus par ricochet, elle met ainsi le doigt sur la noirceur qui nous guette tous.

Moins convaincant donc, mais ce roman reste tout de même une bonne entracte, avec en prime, une plongée dans un univers viticole très bien retranscrit.

« Une sorte de nausée le raidit. Le début de la colère. A l’intérieur ça sature, et sa gorge se noue de ne pas laisser sortir les insultes. Ce n’est pas tant le mépris qu’il a de ces gens, il le sait : c’est une vieille jalousie haineuse qui le charcute du dedans à les croire tous heureux, et même si ce n’est pas vrai, si certains sont au bout du rouleau, ils font semblant et rient aux éclats, la tête haute, ils font semblant et ça ne se voit pas. Au fond de lui, Octave n’a que violence et chagrin à présenter. Son visage ne ment pas, défait, livide. »

Un vent de cendres / Sandrine Collette. Livre de poche, 2014

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