La déposition – de Pascale Robert-Diard (L’iconoclaste)

Pascale Robert-Diard est chroniqueuse judiciaire au Monde. Elle revient sur l’affaire Maurice Agnelet par le biais de son fils Guillaume qui a fait crever le secret de famille en signant la déposition-clé faisant tomber son père, déclaré coupable du meurtre de sa maîtresse Agnès le Roux, presque quarante ans après sa disparition.

On entre dans la famille Agnelet par le fils, celui qui a défendu son père bec et ongles avant de fléchir, de se retirer, et de parler, avant de devenir fou. Car cette disparition, c’est avant tout un secret de famille bien gardé. Un secret connu de tous finalement, lâché par bribes au détour de conversation, mais jamais suffisamment pour l’admettre véritablement et confondre le patriarche.

« La loi, qui connaît mieux la vie qu’on ne le dit parfois, a prévu des cas comme ça. Elle dit que lorsqu’on est le père, la mère, le frère, la soeur, l’enfant ou le conjoint de l’auteur d’un crime ou d’un délit, on ne peut être puni pour ne pas l’avoir dénoncé. Que se taire n’est pas un délit prénal mais un conflit moral qu’il appartient à chacun de résoudre comme il peut. »

Avec un style précis et beaucoup de pudeur, sans parti pris ni séquences sensationnelles, la journaliste retrace cette affaire qui a trainé sur près de 40 ans et son impact psychologique sur le clan Agnelet.

Manque de remords, culpabilité et sang-froid sidérant. La déposition se lit d’une traite, comme un polar, truffé de non-dits et de trop-dits. Instructif, fascinant et glaçant.

La déposition / Pascale Robert-Diard. L’iconoclaste, 2016

« Tant qu’ils ne retrouvent pas le corps, je suis tranquille, et moi, le corps, je sais où il est. »

 

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