Déroute sauvage

Guillaume Guéraud fait partie des auteurs dont je guette les sorties. Des textes tantôt froids, rudes, un brin critique sociale, qui posent le débat. Je ne mourrai pas gibier, avec ce gamin qui sent fort l’étouffement et la révolte, Le contour de toutes mes peurs avec un huit clos tétanique sur le droit à la justice notamment. Pour les plus jeunes, davantage d’humour, des textes courts qui reprennent les petits soucis de la vie, les interrogations des gosses qui peuvent vite devenir des montagnes dans leurs petites têtes, mais surtout, il ne leur sert pas une soupe insipide comme on trouve trop souvent dans la littérature pour jeunes. Ça va valser par exemple, cette histoire d’un grand-père de 79 ans, appelé Léonine parce qu’il s’appelle Léon et qu’il défend les idées de Lénine, ancien révolutionnaire au Mexique, gangster en Bolivie pour le Che, et qui s’est mis à la danse, à la valse. Depuis il passe des concours, avec sa partenaire qu’il ne supporte pas, une mégère avec des idées aux antipodes des siennes.
 
Avec Déroute sauvage, nous avons ici un clin d’oeil aux films d’horreur pas piqué des hannetons.
Un voyage scolaire en Espagne. Le trajet en bus pour s’y rendre. Une route sinueuse de montagne. Un bruit, un dérapage. Et c’est le cauchemar qui commence. Des corps éparpillés, des morceaux de bidoche qui trainent, quelques rescapés, en pleine nuit, dans la forêt. Des bruits de nouveaux, des craquements, des coups de feu. Trois gorets armés avec une soif de sang insatiable surgissent alors et prolongent l’enfer du groupe.
La trame classique me direz-vous : des ados, une forêt, la bascule dans l’horreur. C’est justement ça le but d’ailleurs. Et puis l’atmosphère chargée, tendue, haletante. Très bien fichu en somme. A l’heure des pseudo romans nigaudfantastiques, naïfhorrifiques et consort, ça fait du bien de trouver du bon vieux ketchup qui tâche. 

Déroute Sauvage / Guillaume Guéraud. Rouergue « DoAdo ».
 
 

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