Gazoline tango – de Franck Balandier (Castor Astral)

Benjamin Granger ne supporte pas le bruit. Depuis sa naissance, il regrette le cocon douillet du ventre de sa mère, démissionnaire par absence de désir maternel et bruyante au possible. L’enfant va se retrouver parachuté dans la cité des peintres, un casque anti-bruit soudé aux oreilles, fuyant le groupe punk de sa mère et sa batterie décidément trop brutale pour lui. Chemin faisant, il tente de troquer la grisaille ambiante contre les pointes de lumières qui se présentent à lui, auxquelles il se raccroche comme il peut. La mémé Lucienne, ses drôles d’histoires et ses plantations convoitées, le père Germain, curé junky transcendé par l’harmonium d’une église abandonnée, Isidore, africain sans papiers, brancardier et poète, les copines de la mère aux allures de tata dégénérées, Yolande et tous les autres vont l’accompagner malgré eux dans sa quête du silence.

« A la cité des peintres, l’herbe qui fait rire aidait à tenir debout jusqu’aux lendemains qui persistaient à ne pas chanter. Non seulement elle déclenchait le rire de manière inopinée, mais elle possédait également le pouvoir de rendre beau ce qui ne l’était pas.
Pour simplifier, à la cité des peintres, tout était moche. Même les gens étaient moches. Les couleurs n’étaient pas des couleurs mais des nuances de gris. Les rues n’avaient de couleurs que le nom de peintres qui les désignait. »

J’ai finalement beaucoup de mal à le définir et à avoir une opinion tranchée sur ce roman. J’ai eu du mal à m’y intégrer. L’écriture de Franck Balandier est un régal de finesse mais dès les premières pages, j’ai eu le sentiment d’un roman « à charge », où la poésie et l’humour ne suffissent pas à contrebalancer la rudesse, et j’y ai ressenti finalement beaucoup de mélancolie et d’amertume. Nous sommes entre la comédie noire et la chronique sociale désenchantée, avec un roman très sensitif, rempli de sons, de silence, de toucher, de sensations.

Ce roman a beaucoup plus et je m’attendais franchement à être davantage emballée. Je vous invite donc à parcourir d’autres chroniques, notamment celles de La toile cirée et celle d’Antoine de Bonnes feuilles mauvaises herbes, et à visionner la présentation du roman par l’auteur lui-même.

 

Lu dans le cadre de Masse critique. Merci à Babelio et au Castor Astral.

Gazoline tango / Franck Balandier. Castor Astral, rentrée littéraire 2017

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