La petite souriante – Zidrou et Springer (Dupuis)

Pep est éleveur d’autruches et cette nuit il a décidé de zigouiller sa bonne femme. C’est justement ce qu’il est en train de faire quand la BD commence, ça gicle un peu d’ailleurs sous l’œil torve des volatiles. Il se sent bientôt un peu plus léger, épuisé mais débarrassé, il se change pendant qu’une vieille chanson que sa grand-mère fredonnait lui revient en mémoire, et quand il rentre chez lui, la descente est rude lorsqu’il se voit accueilli l’air de rien par sa défunte épouse. 

Le duo Zidrou – Springer fonctionne à merveille dans cet univers qui tient de la série Z. L’atmosphère est chargée, étrange, avec du fantastique qui n’en est pas vraiment, juste ce qu’il faut pour poser un chouia de mystère (qui se pose là) et surtout une intrigue mordante et poisseuse. C’est glaçant et drôle et ça ravira les amateurs du genre. Une BD qu’on ne lâche pas avant de l’avoir reposée pour peu qu’on aime ce genre d’ambiance. 

« Combien de fois faut-il tuer un amour pour qu’il cesse de vous hanter ? »

L’objet vaut en lui-même le détour, avec un parti pris graphique réussi, tant dans le traitement des couleurs que dans la forme avec une couverture aux encres sélectives mates à la fois rugueuses et lisses qui font tout leur effet. 

Le cahier graphique final reprend des croquis de l’album, au rythme de la chansonnette entêtante de Pep, chanson cruelle qui remonte à 1908 que vous pouvez entendre là, et qui rendrait l’ensemble encore plus effrayant : 

La petite souriante
scénario Zidrou
dessin Benoît Springer
couleur Benoît Springer et Séverine Lambour
Editions Dupuis
2018
56 pages

Cette semaine, rdv est pris chez Stéphanie.
Découvrez-y d’autres idées BD !

 

17 commentaires sur “La petite souriante – Zidrou et Springer (Dupuis)”

  1. Je me souviens encore de l’avis, très bon, de Noukette mais… Je suis à la fois tentée et pas du tout. Si je la vois à la bibliothèque, je l emprunterai, mon dilemne sera résolu !

Laisser un commentaire