Le tueur de la Green River

Dans les années 80 à Seattle, plusieurs corps de femmes sont retrouvés à proximité de la Green River. Les pistes mènent rapidement à Gary Leon Ridgway. Il est entendu plusieurs fois mais le manque de preuves ne permet pas de le confondre à l’époque. L’enquête piétine.

« Le comté s’inquiète aussi du coût de l’enquête. On dirait que c’est difficile de les convaincre qu’une épidémie de meurtres de prostituées constitue une menace à la sécurité publique. »

Juin 2003. Le suspect est de nouveau interpellé. Une quarantaine de corps ont été retrouvés depuis 20 ans. Les progrès en matière de traitement des preuves sont d’une aide précieuse, mais si les analyses ADN correspondent, certaines preuves sont malheureusement trop dégradées pour être retenues dans un procès.
Pendant 5 jours, Ridgway va être cuisiné. Dans l’équipe, Tom Jensen est le seul membre à avoir suivi l’affaire depuis l’origine. Il a d’ailleurs poursuivi le tueur de la Green River pendant toute sa carrière. Policier à la retraite, il intervient désormais comme consultant extérieur pour son expertise sur ce cas. Ces quelques jours doivent permettre de rassembler le maximum de preuves en vue du procès.

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Jeff Jensen est journaliste. Il s’essaie avec succès à la bande dessinée en scénarisant une affaire criminelle qu’il connaît bien puisque que le détective Tom Jensen n’est autre que son propre père. D’ailleurs, il choisit de le placer au centre de l’action ce qui permet de bien saisir les questionnements, les doutes, la colère ou la frustration devant une enquête qui piétine, les répercussions sur la vie familiale.

Au dessin, Jonathan Case use du noir et blanc avec un trait net et réaliste, un style assez classique qui colle très bien au récit. Il manie subtilement les allers retours entre passé et présent, et restitue bien la tension montante de cette chasse à l’homme, notamment lors de ces cinq journées cruciales.

Cette BD n’est pas particulièrement haletante, mais ce n’est pas non plus le but du jeu. Les auteurs se sont davantage appliqués à restituer les faits avec une ambiance à la fois pesante et toute en pudeur. On cerne le caractère dérangeant de ce Gary L. Ridgway, et la dimension de cette lourde enquête grâce à la précision documentaire apportée au récit.

A conseiller aux amateurs de polars.

En savoir plus sur Gary Leon Ridgway

greenriverkiller-excerptLe tueur de la Green River : l’histoire vraie d’une enquête / scénario Jeff Jensen, dessins Jonathan Case. Ankama. 2012 (Hostile holster), 240 p.
Préface signée Stéphane Bourgouin, spécialiste dans l’étude des tueurs en série.
(Challenge Thrillers et polars #02)

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