Nous continuons le retour aux classiques autour de l’idée du voyage, avec cette fois une adaptation embullée des Voyages de Gulliver, écrit par Jonathan Swift en1721.
Lemuel Gulliver est chirurgien dans la marine. Au fil de ses périples, il va rencontrer des mondes étranges ou décalés, peuplés de créatures fantastiques avec des organisations bien particulières qui laissent souvent songeur. Et pour cause, Swift cultivait la satire et Les Voyages de Gulliver ont été écrits en réaction au krach boursier de 1720.
En refermant cette BD, je me rends compte que je ne connaissais absolument pas le fond de ce roman. Nous retrouvons ici le troisième voyage, le premier étant Voyage à Lilliput (cité des nains), le deuxième Voyage à Brobdingnag (dans le monde des géants).
Ici Lemuel Gulliver accepte de repartir en mission vers les Indes orientales, à condition de ne plus croiser ni nains ni géants. Diverses péripéties au cours du voyage le conduiront pourtant à la rencontre de nouveaux mondes, l’île volante de Laputa, Balnibarbi, l’Académie de Lagado, Maldonada, l’île de Glubbdubdrib, le royaume de Luggnagg puis le Japon, avant de rejoindre l’Angleterre. Des mondes apparemment bien rodés mais qui, sous couvert d’idéal, présentent des failles vite lassantes pour notre Gulliver qui préfère aller voir ailleurs. Par ces cités imaginaires, Swift caricaturait avec humour et philosophie la société anglaise, la politique, le progrès, et plus largement le genre humain.
Ici, on effleure peut-être un peu trop les différents mondes puisqu’à peine arrivé, Gulliver ne pense qu’à repartir et l’on aimerait parfois en savoir plus sur ses interlocuteurs et leur fonctionnement.
Graphiquement, Echegoyen se glisse complètement dans l’univers de Swift avec des planches majestueuses qui invitent au voyage et mettent bien en perspective la dimension uchronique avec des tas de détails, le tout dans des teintes ocres qui rappellent un peu les vieilles cartes du dix-huitième siècle.Une belle BD pour s’aventurer dans l’univers des Voyages de Gulliver, entre conte philosophique et satire politique. Malgré quelques manques, sur le contexte ou les autres voyages, nous avons là une bonne entrée en matière, qui invite à replonger dans les récits de Swift, qui raisonnent encore, un peu à la manière de La ferme des animaux de Orwell.
Les voyages de Gulliver – De Laputa au Japon
librement adapté du roman de Jonathan Swift
adapté par Bertrand Calic
Illustrations Paul Echegoyen
Editions Soleil (Noctambule)
2020
112 pages
Cette semaine, rendez-vous est pris chez Moka
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Prochain rdv fin juin autour de l’oeuvre de Jules Verne…
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Ah ces planches !!! Je le veux !!
Quelles jolies planches ! J’avais récupéré une vieille édition anglaise des voyages de Gulliver, c’était excellent de découvrir un texte que je ne connaissais que pour les Lilliputiens. Comme tu le soulignes Jonathan Swift avait une vision politique forte, c’est intéressant. Pourquoi pas replonger dans cette histoire à travers la série BD que tu présentes, tiens. Pour le plaisir des yeux en prime 🙂
J’imagine ta vieille édition anglaise qui rien que par son allure doit inviter au voyage, du moins dans le temps…
Une jolie manière de revisiter le roman !
On en prend plein les yeux, j’adore !
Chouette 😉
Je n’ai que peu de connaissances sur ce roman, les seules images que j’ai sont celles de film mais c’est très flou.
La dernière planche… que dire! Elle est sublime!!!
bien tentée !
Les dessins sont magnifiques !
Je ne connais pas l’histoire, mais l’album peut être un bon moyen de découvrir cette histoire !
J’avais adoré ! S’ils pouvaient adapter les autres voyages je signe tout de suite !
J’aime beaucoup cet illustrateur !