Zaï zaï zaï – un road movie de Fabcaro (6 pieds sous terre)

Un type va faire trois courses en oubliant sa carte de fidélité chez lui. Un manquement grave qui lui vaudra l’appel du vigile, la menace d’une roulade arrière, l’auto-défense avec un poireau, et une chasse à l’homme dans la même veine.

Une course poursuite endiablée et absurde qui fait à la fois rire gras et rire jaune, car au-delà de la cocasserie revendiquée, l’idée de Fabcaro n’est pas juste de se taper le bide, mais bien de tailler un costard aux dérives de notre société. On assiste à une succession de scènes pointant tour à tour le consumérisme, la vigilance à outrance, le jeu des médias, le rapport à la différence et plus globalement le système capitaliste dans ses grandes largeurs. Il pousse ainsi notre modèle à son paroxysme, tout y est exacerbé et les contradictions n’en sont que plus flagrantes.

Il y a un petit côté spot publicitaire parfois, roman photo aussi dans les échange entre les personnages, et un semblant de Quatrième dimension dans cette façon d’imaginer le monde autrement de façon totalement décalée.


Après avoir lu moult recommandations au sujet de Fabcaro notamment pendant ce rendez-vous de la BD de la semaine, je suis entrée dans son univers par la petite porte, avec Pause (éd. La Cafetière), sa petite dernière, une autofiction décalée où l’auteur se décrit en manque d’inspiration et dans l’obligeance dans commander une nouvelle, qui s’avèrera toute moisie et pas très efficace. Le ton est donné, le trait est sobre, efficace, l’absurde établi, me voilà adepte. Pause évoque souvent Zaï Zaï Zaï, titre encensé, plusieurs fois récompensé et après lecture du fameux, je comprends mieux. C’est une totale réussite. C’est à mourir de rire, cynique à souhait, complètement barré et intelligent avec ça. 

Zaï zaï zaï est en cours d’adaptation au théâtre et en pourparlers pour le cinéma. En attendant, vous pouvez aussi vous écouter la pièce radiophonique

La prison c’est l’école du grand banditisme, il aura côtoyé toute la racaille et il en sortira peut-être pire…. Si ça se trouve, après, il n’aura même pas son jeton de caddie.

Zaï zaï zaï
un road movie de Fabcaro
Editions 6 pieds sous terre
2015
72 pages

Cette semaine, rdv est pris chez Mo
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Elle m’a dit d’aller siffler là-haut sur la colline
De l’attendre avec un petit bouquet d’églantines
J’ai cueilli des fleurs et j’ai sifflé tant que j’ai pu
J’ai attendu, attendu, elle n’est jamais venue
Zaï zaï zaï zaï…
(Joe Dassin)

(Ne me remerciez pas, c’est cadeau.)

22 commentaires sur “Zaï zaï zaï – un road movie de Fabcaro (6 pieds sous terre)”

    1. Je n’étais au départ pas spécialement tentée par Et si l’amour c’était aimer ? Mais maintenant je ne vois pas comment je pourrais ne pas la lire 🙂

  1. Moi aussi cette BD m’a fait mourir de rire (et pourtant je suis très sélective à ce niveau-là). L’adaptation ciné, je me demande que cela peut donner. J’imagine mieux l’adaptation théâtrale.

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