Zulu – Caryl Férey [le livre vs le film]

Les enquêtes policières sont toujours prétexte pour Caryl Férey pour livrer un roman résolument social et politique. Et quand c’est un baroudeur qui tient le crayon, c’est l’occasion de sortir de nos frontières, mais surtout des sentiers battus et proprets des visites guidées standardisées.

Avec Zulu, direction l’Afrique du Sud. Les souvenirs encore vifs de l’apartheid en toile de fond. Une jeune fille issue d’une famille blanche privilégiée est retrouvée morte dans un jardin public. Salement amochée, le corps rempli de la drogue qui circule dans les quartiers pauvres de Cape Town, les éléments ne collent pas. Le chef de la police criminelle Ali Neuman met son équipe sur l’affaire.

Encore une fois, Caryl Férey ne fait pas dans la dentelle. C’est la poussière brûlante de l’Afrique du Sud qui vous prend à la gorge, entre les townships, ces quartiers défavorisés qui transpirent la misère et portent toujours les stigmates de l’apartheid, et les villas en bord de mer occupées par de gros bonnets blancs, businessman qui se complaisent dans un luxe vomitif.

Du roman bien noir qui donne à voir la réalité du terrain, l’envers du décor, et les rapports humains – haine –  vengeance – pouvoir – reconstruction – dans ce qu’ils ont de plus abrupt et rocailleux.
Si la dimension sociale et politique prime, les enquêtes ne sont pour autant pas bâclées, et sont au contraire franchement bien menées et ficelées. Les personnages sont fouillés et crédibles. Le tout est très documenté et livré avec une écriture nerveuse et aiguisée au couteau.

En bref, du très bon polar !

Zulu / Caryl Férey. Gallimard (série noire). 2008
Existe en poche chez Folio
(Challenge Thrillers et Polars #07)

zulu-couv

Zulu est actuellement à l’affiche au cinéma, ou le sera bientôt s’il n’est pas encore arrivé près de chez vous. Les adaptations cinématographiques peuvent parfois s’apparenter à de la haute voltige. Ici, autant dire que le pari est largement tenu, et le père Férey doit être franchement ravi du résultat. On retrouve les ingrédients phares du bouquins, mis en scène de façon époustouflante. Un film très réaliste et vif avec un jeu d’acteur (dont Forest Whitaker et Orlando Bloom, excusez du peu…) impressionnant !

Caryl Férey a le don pour vous coller une belle claque, comme une main qui sortirait du bouquin pour vous prendre par le col. Le Livre vs Le Film = même combat. Lisez le livre, visionnez le film, et parlez-en. Ça vaut franchement le détour.

Au risque de me répéter, du très bon polar, du très bon roman et film noir !

Voir la bande annonce

film-zulu-jerome-sallechallenge thrillers polars

2 commentaires sur “Zulu – Caryl Férey [le livre vs le film]

    1. C’est marrant, j’aurais tendance à penser qu’en livre, on se fait soi-même son film, avec nos propres limites et nos propres images, et que, du coup, les scènes peuvent être moins crues ou noires qu’en film où elles sont servies sur un plateau. Mais après, tout est question de sensibilité effectivement.

Laisser un commentaire