Broadway – Fabrice Caro (Gallimard)

Fabcaro fait désormais partie du paysage littéraire francophone avec ses chroniques sociales et humaines mettant en scène des types ordinaires tendance loosers sympas dans un bain d’absurde.

Ici, un type reçoit le « traditionnel test de prévention pour le cancer colorectal à 50 ans, sauf qu’il n’a pas encore fêté l’âge fatidique, qu’il reste encore quelques années même avant de l’atteindre, et que ça le perturbe intensément.

« Je sors de la voiture et nous nous saluons chaleureusement, l’éclat de nos sourires inversement proportionnel à notre degré d’intimité, nous maintenons notre main en l’air un temps anormalement long afin de bien nous signifier que notre relation de voisinage est sans faille et que, quoi qu’il arrive, maladie, accident, agression, cambrioleur qui veut se baigner, examen colorectal, nous pourrons toujours compter l’un sur l’autre. »

De manière désormais assez habituelle, Fabrice Caro sort le quotidien de ses gonds, en souligne les failles, les revers, les amertumes, les non-dits. L’anecdotique devient vite capital pour notre homme qui du coup cumule boulettes, culpabilité et grands moments de solitude.

« Il est indiqué sur le porte-chandelier le tarif pour un cierge, un ou deux euros, et je me demande si la prière a statistiquement plus de chances d’aboutir si l’on donne deux euros plutôt qu’un. »

Bon, c’est marrant mais ça sent un peu le réchauffé, moins efficace que Le discours à mon sens, et beaucoup moins que ses BD. Un sketch qui a du mal à tenir sur la longueur en somme, mais qui fait le job, parfait en guise d’entracte.

« On devrait toujours s’inventer des angoisses insensées pour les déconstruire dans la foulée et se sentir léger. »

Broadway
Fabrice Caro
Gallimard (Sygne)
2020
193 pages

 

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