Coyote – de Colin Winnette (Denoël)

Une fillette a disparu. Les parents l’ont mise à coucher et le lendemain elle n’était plus dans son lit.

Nous entrons frontalement dans le vif du sujet. La mère explique, raconte, ce qu’elle a dit aux policiers, les procédures, l’enquête, le piétinement, les émissions à la télé, les caméras, le détournement, l’intérêt général qui faiblit, l’inquiétude, l’incompréhension, le vertige, la perte de repères. On ne sait pas si elle nous parle, si elle est face à elle-même ou si elle divague complètement, répétant inlassablement des scènes successives à un drame.

« J’ai toujours répété la même chose – à la police, aux journalistes, aux préparateurs d’interview, aux interviewers, aux célébrités invitées en même temps que nous, à qui vous voudrez. Je répète la même chose à chaque fois : on l’a mise au lit et, quand on s’est réveillés, elle était plus là. »

Colin Winnette joue sur le manque d’indices et de repères livrés au lecteur et fait ainsi monter la pression. On ne sait pas à quoi s’attendre ni si l’on peut se fier à cette femme. Pour autant, nous ne sommes pas dans du thriller, il n’y a pas véritablement d’action. C’est plutôt un récit intime, qui inspire une part de malaise, car confronté à la société du spectacle à l’américaine, avec la gestion télévisuelle des drames et des familles, et puis la folie qui guette et l’emporte.

L’écriture manque un peu de corps. Le style familier censé nous rapporter la version de la mère de façon très réaliste fait finalement un peu racoleur, c’est un peu dommage.

Globalement, l’ensemble fonctionne plutôt bien, avec un texte court et tendu, pas révolutionnaire mais qui joue son rôle. A lire en guise d’entracte.

Coyote / Colin Winnette. Traduit de l’anglais par Sarah Gurcel. Denoël, 2017

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