Le dimanche des mères – de Graham Swift (Gallimard)

Graham Swift nous emmène dans la campagne anglaise des années 20 pour le dimanche des mères, ce jour où les domestiques peuvent prendre congé des familles chez qui ils travaillent pour rejoindre leur famille. Jane travaille pour les Niven. Habituellement, ce jour de congé ne représente pas grand-chose pour elle. Orpheline, elle s’imagine davantage profiter d’un jour sans contrainte à lire au pied d’un arbre. Mais cette journée de 1924 va se dessiner autrement, au point de représenter un véritable tournant dans sa vie, de manière à la fois sensuelle et tragique.

Graham Swift prend le parti de nous dévoiler l’envers du décor des demeures bourgeoises par le biais d’une histoire d’amour discrète et non moins intense entre une femme de chambre et un jeune homme de bonne famille. Les années ont passé et Jane se souvient de cette journée si particulière, les souvenirs sont intacts et les émotions encore vives. En toile de fond, une société anglaise en pleine évolution, les résidus de la Première Guerre, les morts et l’aristocratie qui n’est plus ce qu’elle était.

Je ne sais trop que dire de ce roman. Je suis sortie de ma zone de confort en allant vers ce titre à force de recommandations et l’on ne peut pas dire que j’ai eu une révélation. Je me garderais donc bien d’être catégorique car je manque sans doute du recul nécessaire et de la faculté de comparaison qu’aurait un amateur de littérature anglaise tendance historique romantique.

« Telles étaient ses instructions – ce qu’il lui avait ordonné. La porte de devant. Ce n’est qu’au moment où elle tourna pour franchir le portail qu’elle prit conscience du caractère exceptionnel de ces consignes, du cadeau sans précédent qu’elle représentaient. Oui, c’était bien son jour. La porte de devant ! »

La narratrice se souvient des années plus tard de cette journée qui a changé sa vie. Pour autant, nous sommes davantage dans la contemplation d’un moment, avec mélancolie et questionnements à la clé, suscitant quelques longueurs malgré le nombre de pages (140 p.) et un sentiment de confusion. L’auteur joue la carte de la sensualité exacerbée avec un réalisme cru à la mode depuis quelques temps mais qui tombe un peu à plat.

L’impression générale n’est pas tellement mauvaise, plutôt agréable même, notamment grâce au style d’écriture très appliqué qui pose l’ambiance, l’atmosphère feutrée, mais je n’ai pas franchement adhéré aux personnages, ni à ce sentiment de faire du sur-place finalement pas très passionnant.

Ceci dit, c’est un roman qui plaît visiblement beaucoup, et qui devrait ravir les amateurs de littérature anglaise. Je vous invite à lire des avis plus éclairés ici ou .

Le dimanche des mères / Graham Swift. Gallimard (Du monde entier), 2017

2 commentaires sur “Le dimanche des mères – de Graham Swift (Gallimard)

    1. Je te le recommande malgré tout car il a beaucoup plu par ailleurs et que mon avis n’est pas tranché. Et je retenterais Graham Swift car je n’ai pas dit mon dernier mot 😉 Dis-moi à l’occasion ce que tu en as pensé.

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