Quand sort la recluse – Fred Vargas (Flammarion)

Des grands-pères qui passent l’arme à gauche, sans lien apparent, mise à part cette piqûre. L’affaire n’en est pas une, et si c’était le cas, Adamsberg serait le dernier concerné. Sauf qu’il a mis le nez dessus et quand ça le taraude, on sait bien ce qu’il se passe. On retrouve le commissaire et sa clique, Danglart, Rétancourt et consort, avec toujours autant de plaisir. Fred Vargas a allumé la mèche et il y a de la tension dans l’air, des noms d’oiseaux volent, la recluse se planque et des tiroirs s’ouvrent progressivement.

« Adamsberg déambula un moment dans la salle de travail, bras croisés. Entre-temps, Voisenet était revenu à son poste, réalisant en entrant que la pièce, en effet, sentait fortement le vieux port. Toutes fenêtres ouvertes, un violent courant d’air passait sur les bureaux et chacun s’était débrouillé pour caler ses dossiers, qui avec des porte-crayons, qui avec ses chaussures, qui avec des boîtes de conserve dérobées dans l’armoire aux réserves de lieutenant Froissy, pâtés de sanglier, mousses de canard au poivre vert. Ce nouvel aménagement hétéroclite des tables donnait à l’ensemble une allure de vide-grenier ou de vente de charité, et Adamsberg espérait que le divisionnaire n’aurait pas l’idée subite de venir rechercher lui-même sa berline, et découvrir la moitié de la Brigade déchaussée dans une salle puante. »

Alors ça se lit très bien, nous sommes dans du Vargas pur jus, peut-être un peu trop. C’est parfois très délayé, engendrant quelques longueurs. Ça passe bien car nous avons les tempéraments des personnages que l’on connaît bien maintenant, la partie historique qui tout en restant légère permet d’apprendre deux trois choses notamment sur un sujet que je croise depuis trois romans et que j’ai bien envie de creuser (je reste mystérieuse mais ça évite de spoiler une partie de l’intrigue). 

Mais voilà, c’est un peu longuet, avec un dénouement que j’ai reniflé à la moitié du bouquin, sans que ce soit gênant encore une fois car l’esprit est là, et les motifs étaient encore à apprendre. J’avais beaucoup aimé le précédent roman, retrouvant l’étincelle des débuts, et là, c’est un peu surjoué, comme si Vargas faisait du Vargas. Sans doute trop de bulles gazeuses à mon goût.

Et vous, l’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

Quand sort la recluse / Fred Vargas. Flammarion, 2017

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