Franck Thilliez délaisse un moment le roman pour initier les ados au genre du thriller à travers la BD. Il opère avec la même efficacité avec un scénario plein d’action autour de l’un de ses thèmes de prédilection, le sommeil. Esteban et Tristan font partie de la Brigade des cauchemars. Ils s’introduisent dans les songes d’un dormeur pour mettre le doigt sur les origines de ses cauchemars et tenter de les faire disparaître. A conseiller sans hésitation dès 11-12 ans.
Auteur/autrice : Alice
Les heures rouges – Leni Zumas (Presses de la Cité)
Quatre portraits de femmes, destins croisés dans une Amérique à peine futuriste. Avortement, PMA, GPA, Leni Zumas met le doigts sur la fragilité des droits, en par particulier ceux liés aux femmes et à la famille. Un sujet ultra-contemporain traité de façon pas inintéressante mais un peu raide.
Libres : Manifeste pour s’affranchir des diktats sexuels – Ovidie et Diglee (Delcourt)
Ovidie et Diglee mettent l’hypersexualisation de la société sur la table avec un crédo majeur, celui qu’on se fiche tous mutuellement la paix, qu’il s’agisse des rapports hommes femmes, du rapport au corps ou à la sexualité. Concis, précis, documenté et livré avec franc-parler et humour. Un indispensable à faire circuler…
Les filles de Salem – Thomas Gilbert (Dargaud)
Dans un récit très fort et glaçant, Thomas Gilbert retrace les procès pour sorcellerie qui se sont tenus dans le village de Salem au 17è siècle, accusant et condamnant de nombreuses femmes et jeunes filles. Une BD passionnante et étonnamment retentissante.
Mais où est Momo ? et autres imagiers photos
Des imagiers photo décalés qui aiguisent le sens de l’observation et la curiosité. A découvrir !
Les boîtes de peinture / Marcel Aymé et May Angeli (Ed. des Eléphants)
Redécouvrir les contes du chat perché avec les superbes gravures de May Angeli. Delphine et Marinette, enchantées par leurs nouvelles boîtes de peinture, décident d’aller faire le portrait des animaux de la ferme. Mais piqués au vif par les représentations des fillettes, les bestiaux revêtent l’apparence trompeuse. L’âne n’a plus que deux pattes, le cheval a rétréci et les boeufs ont disparu…
Baïka – magazine voyageur pour les 8-12 ans
Ouvrir un numéro de Baïka, c’est entamer un voyage immobile, un pied dans l’imaginaire avec du conte et de la mythologie, l’autre dans la réalité avec des reportages et une ouverture sur le monde. Chaque numéro est l’occasion de découvrir deux ou trois pays ou régions du monde par le biais de légendes, d’infos diverses, de reportages et de jeux permettant d’aborder l’histoire du lieu, son évolution, ses coutumes, et des questions culturelles, écologiques, migratoires, etc. Au sommaire de ce numéro d’automne, La Roumanie et l’Île de Pâques. Un magazine à découvrir !
Asta – Jon Kalman Stefansson (Grasset) #MRL18
Gros coup de cœur pour ce roman absolument sublime. Vraiment un grand moment de littérature. Alors que Sigaldi vient de tomber de l’échelle, ses souvenirs remontent. On apprend sa rencontre avec Helga dans les années 50, leurs filles, l’Islande. Progressivement, les épisodes s’imbriquent et l’on prend la mesure des passions, des prises de bec, des tempéraments volcaniques.
Malaterre – Pierre-Henry Gomont (Dargaud)
Gros coup de cœur pour cet album splendide et fascinant, l’une des très belles surprises de cette rentrée. Un domaine familial en pleine forêt équatoriale, voilà de quoi faire bomber le torse de Gabriel Lesaffre, qui pourra ainsi intégrer le monde des affaires, redonner sa splendeur à la famille, assurer sa succession. Sauf que Gabriel n’est pas un homme des bois et que ses modes de gestions laissent sérieusement à désirer.
Leurs enfants après eux – Nicolas Mathieu (Actes Sud)
Souvenez-vous, les années 90, C17, Rica Lewis, Waikiki, les consoles de jeux, les Gauloises, Nirvana… Déjà 20 ans, presque 30. Il fallait bien ça pour prendre de la hauteur, et méditer sur le contexte de l’époque. L’ère Mitterrand qui passait la main à l’ère Chirac, l’après Trente Glorieuses, les désillusions grimpantes. A travers une multitude d’histoires croisées, Nicolas Mathieu fait coïncider histoire personnelle et contexte social, le poids de l’un sur l’autre. L’un des romans marquants de cette rentrée littéraire, toujours en lice pour le Goncourt.
Nuit synthétique – Anna Dubosc (Rue des Promenades)
L’histoire d’une femme, des relations qu’elle tisse, fantasme, ou fuit, ses tâtonnements, ses questionnements, ses errements.
Hurry on down – John Wain (Editions du Typhon)
Premier titre au catalogue d’un tout nouvel éditeur très alléchant, tant dans ses projets de parution que dans son allure avec sa maquette qui pose les choses d’entrée. Ici, nous tenons la réédition d’un texte paru en 1953, dans lequel John Wain dépeint, à travers l’émancipation de son anti-héros, l’Angleterre d’après-guerre dans son amertume. A découvrir !
La terre des fils – Gipi (Futuropolis)
Le monde d’après. Après quoi, on ne sait pas trop. Toujours est-il qu’un homme tente de protéger tant bien que mal ses fils du passé, de l’avenir, du monde extérieur, de ce qui pourrait les attendre ou les atteindre, d’eux-mêmes peut-être aussi. Gipi frappe fort tout en disant peu et dépeint une parfaite allégorie de ce vers quoi nous tendons. Renversant !
Et le village s’endort – de Nuria Tamarit et Xulia Vicente (Les Aventuriers de l’Etrange)
Parties de cache-cache, sorcellerie, superstitions, rumeurs persistantes et vieilles querelles, une BD d’atmosphère sur le mode du conte rural.
Les singes et la lune – Guillaume Olive et He Zhihong (éd. des Eléphants)
Nombreux sont ceux à vouloir la lune et cette fois, c’est une tribu de singes qui va en faire les frais, dans un conte chinois tout à fait réussi. Un intemporel au charme fou.
Le chemin des égarés – Vincent Turhan (Les Enfants rouges)
Un ouragan vient de tout retourner sur son passage. Les foules s’organisent, se déplacent. La plupart sont déjà partis rejoindre la ville riche de promesses. Reste une poignée de junkies, qui émerge des brumes de leur dernier shoot, découvrant sans trop saisir un paysage de désolation. Une ambiance post-catastrophe très bien vue pour évoquer ce monde des laissés-pour-compte. Une belle découverte.
Rivière tremblante – Andrée A. Michaud (Rivages)
Québec. Deux disparitions, survenues à des années d’écart et à des lieux opposés. Deux histoires qui n’ont de semblable que les manques qu’elles laissent et les traces que l’on cherche encore pour tenter d’ébaucher un deuil. Un roman noir sublime et bouleversant, l’une des pépites de cette rentrée littéraire.
SÉLECTION I La dictature argentine et ses disparus
Sélection qui aborde les heures sombres de l’Argentine, la dictature, les desaparecidos, les vies volées, et les grands-mères de la place de mai, ce mouvement réunis en ONG en 1977, après le coup d’état de 1976, dans le but de découvrir la vérité sur le sort des enfants disparus pendant la dictature argentine.
De la difficulté d’être parent dans les albums, auto-dérision et mauvaise foi
Stop la culpabilité et marrons-nous un peu. Les premiers mois et années ne sont pas toujours évidents (les suivants non plus d’ailleurs), et derrière le grand bonheur fou inébranlable il peut aussi y avoir la fatigue, l’épuisement, l’énervement, l’exaspération. Et même sans aller jusque-là, il y a tout de même ces petites difficultés du quotidien, les premières séparations avec l’enfant, les repas, les nuits, l’opposition… 18 titres pour en sourire.
Bébé est bien caché – Atinuke et Angela Brooksbank (Ed. des Eléphants)
L’histoire d’un petit bout de bébé tout juste réveillé, de ses tresses perlées, d’un regard dans le panier de bananes, d’un grand frère enjoué, d’un tour à vélo, d’un bus bondé, d’un bougainvillé dans le jardin du pépé, d’un câlin recroquevillé. Une histoire tout en rimes et en rythmes à travers un village africain, qui agit comme une comptine, chaleureuse et chaloupée. Beaucoup de charme, de saveurs, d’espièglerie, et un regard contemporain sur l’Afrique de l’Ouest, qui n’est pas si fréquent dans la littérature jeunesse. A découvrir sans tarder.
