Vu d’en haut – de Marie Poirier

Plongez dans cet album sans texte fabuleux qui vous emmène au soleil dans un coin de jardin. Ici on fait des châteaux de sable ou bien trempette dans la piscine boudins, on grignote des biscuits et on arrose ça avec de la citronnade, le chat est dans le coin, perplexe devant le tuyau d’arrosage. Une ode au farniente pour les moins de 4 ans.

Rural noir – de Benoît Minville (Gallimard)

Romain revient au bercail après dix ans d’absence. Les années ont passé mais les visages sont toujours là. L’adolescence a laissé place à des vies d’adulte plus ou moins construites, et certaines mauvaises habitudes ont méchamment pris racine. Benoît Minville signe un premier roman très engageant pour la suite à venir. Un roman noir, sociétal et humain à se mettre sous la dent, et un auteur à suivre donc.

J’hésite

Des traits qui s’allongent, se courbent, s’épaississent, trouvent un sens et prennent vie à travers l’imaginaire, deviennent forêt, vers de terre, zèbres qui mangent des spaghettis, avec la mer pas loin aussi pourquoi, des nuages, un coup de vent… Le bonhomme qui tient les crayons hésite encore… Un album plein de couleurs, de rêverie, d’humour, à partager dès 2-3 ans.

A voté / Isaac Asimov (Le Passager clandestin)

En 1955, Isaac Asimov imaginait une société ayant perdu tout sens commun à force de radinerie démocratique. Une nouvelle on ne peut plus d’actualité dans laquelle l’auteur dressait déjà un portrait stupéfiant et glaçant de la manipulation sondagière, imaginant un monde où la libre pensée serait réduite à néant par un tour de passe-passe démagogique.

Oh, hé, ma tête !

Notre bonhomme a la tête coincée dans son tee-shirt. Il râle un peu avant de s’imaginer passer la vie comme ça, et c’est très drôle avec des tas de clins d’oeil qui feront écho aussi bien aux enfants qu’aux adultes. Un album poilant à partager dès 3 ans.

En douce – de Marin Ledun (Ombres noires)

Simon voit sa vie tranquille basculer lorsqu’il plonge ses yeux dans ceux d’Emilie. Il était loin d’imaginer qu’il se retrouverait en un claquement de doigts enfermé dans un hangar paumé en rase campagne. Un roman un peu poisseux quand même, haletant comme un thriller qui vous démange, la noirceur sociétale en sus, la vengeance amère, la colère du monde qui toque au carreau. Vous savez ce qu’il vous reste à faire…

Seules les bêtes – de Colin Niel (Rouergue)

Dans les plateaux des Causses, une femme disparaît. L’assistante sociale s’interroge, ouvrant la danse d’un roman choral savamment orchestré. Chacun dévoilera sa culpabilité, ses doutes, les rêves devenus opaques. Un puissant roman sur la solitude et l’isolement qui désarment les désirs et rendent capable de tout.

Luz – de Marin Ledun (J’ai lu)

Luz a quatorze ans, l’âge charnière entre l’enfance pas encore tout à fait évanouie et l’adulte en devenir. Ce court roman évoque avec une grande justesse les sentiments contradictoires de l’adolescence. Un texte fort pour apprendre à dire non.

Heu-reux ! / Christian Voltz

C’est une histoire toute simple, un genre de conte, une histoire de princes et princesses, une chronique fermière. En tout cas, ça commence par un appel au peuple. Le roi Grobull « taureau-tyran craint et respecté » cherche à marier son fils, le prince Jean-Georges. Voltz est de retour et une fois de plus, il tape dans le mille, avec un album réjouissant, plein d’humour et d’espièglerie, de l’amouuur, et tout ça avec un sujet vieux comme le monde, plus que jamais d’actualité et pourtant encore timide dans les albums jeunesse.