Je vais rester – Trondheim & Chevillard (Rue de Sèvres)

Fabienne et Roland ont prévu de passer la semaine à Palavas-les-Flots. Mais à peine arrivés, le pire surgit et Fabienne se retrouve seule. Les auteurs ne tournent pas autour du pot, ils convoquent le drame, cueillent l’instant, et s’intéressent à l’après, à cette femme qui, contre toute attente, décide de rester, et de suivre le programme des vacances scrupuleusement préparé par son homme. Un bel album qui laisse songeur.

Les reflets changeants – Aude Mermilliod (Le Lombard)

Pour les amateur(trice)s de tranches de vie et destins croisés. Dans le sud de la France, Elsa, 22 ans, n’arrive pas à se défaire d’une relation amoureuse qui n’en fini pas de faire des nœuds. Un peu plus loin, Jean n’arrive pas à trouver sa place dans une vie de père de famille – conducteur de train alors qu’il s’imagine encore voguer en pleine mer. Quant à Emile, sourd depuis un traumatisme durant la guerre d’Algérie, il cherche l’échappatoire qui le soulagera d’un silence devenu trop pesant.

Raoul : T’aurais pu prévenir avant de partir… – Michel Van Zeveren (Ecole des loisirs)

Raoul, c’est une série qui raconte la vie par ses petits bouts, le quotidien, les petites choses comme le passage aux toilettes ou les dessins animés et les grands événements, comme l’arrivée de la petite sœur ou comme ici, en fil rouge, le décès du Papipa. Un album très doux, tendre et plein d’humour, avec tous les mots d’enfants que cela suppose. Une série à ne pas manquer.

Crache trois fois – Davide Reviati (Ici Même)

Un village italien, des gamins qui ont poussé au gré de leurs trouvailles, sont devenus une bande de potes qui ont tout partagé ou presque. Et Loretta, la fille de gitans, qui n’est jamais loin mais pas tout à fait là, qui intrigue et fout la trouille, et dont on se moque pour mieux se protéger. Davide Reviati signe un roman graphique très fort, navigant entre récit d’apprentissage et histoire du peuple rom, dans lequel il passe au peigne fin le rapport à la différence et le racisme ordinaire qui en découle trop souvent.

Les larmes du seigneur afghan – Campi, Zabu, Bourgaux (Dupuis)

Immersion dans le conflit afghan. En 2010, la reporter Pascale Bourgaux se rend une fois de plus en Afghanistan, dans un village au nord du pays où elle a tissé des relations depuis une dizaine d’années, dont une précieuse avec un seigneur de guerre. Elle constate avec sidération que malgré l’assise du bonhomme, le terrain est à deux doigts de se faire récupérer par les talibans. Une BD documentaire instructive. Une bonne entrée en matière pour aborder les conflits au Moyen-Orient et toute la difficulté d’y remédier.

La petite souriante – Zidrou et Springer (Dupuis)

Pep est éleveur d’autruches et cette nuit il a décidé de zigouiller sa bonne femme. C’est justement ce qu’il est en train de faire quand la BD commence, ça gicle un peu d’ailleurs sous l’œil torve des volatiles. La descente est rude lorsqu’il se voit accueilli dans sa cuisine l’air de rien par sa défunte épouse. Ambiance poisseuse dans cette BD qui tient de la série Z et ravira les amateurs du genre.

Quelques jours à vivre (Delcourt)

Immersion dans un service de soins palliatifs. Xavier Bétaucourt et Olivier Perret ont partagé le quotidien des soignants de l’unité de soins palliatifs de l’hôpital de Roubaix et livrent un documentaire remarquable sur la prise en charge de la fin de vie.

Le loup en slip (Dargaud)

Un loup avec un slip blanc à rayures rouges, un beau slip qui prête plus à rire qu’à hurler, faisant capoter tous les stratagèmes mis en place pour le faire dégager fissa. Une histoire réjouissante entre BD, album et conte, dans le jus des Vieux fourneaux. A lire absolument, tous publics confondus.