Barlovento – Mazzitelli & Alcatena (Warum)

Splendide BD de piraterie sur fond de légendes mystérieuses, dans un décor magnifiquement planté par un graphisme de toute beauté. Dans une époque que l’on pourrait situer aux entournures du dix-septième siècle, Ulysse Lean, jeune homme issu de l’aristocratie anglaise, découvre que son père, qu’il n’a pas connu et autour […]

Ferragus – Honoré de Balzac

Place à Balzac donc, avec ce premier volume de L’histoire des Treize, au coeur de l’ambitieux cycle La comédie humaine, où Balzac excelle en matière de romantisme noir par lequel nous assistons à de l’amour intense aux débordements maladifs, à de la passion renversante à se faire cruelle, à la violence des tempéraments emportés dans leur démesure, aux mystères sourds et obsédants à en crever. 

Les héritages – Gabrielle Wittkop (C. Bourgois)

Coup de projecteur dans l’actualité littéraire sur l’oeuvre de Gabrielle Wittkop pour le centenaire de sa naissance, alors qu’elle s’est éteinte en 2002, avec notamment deux textes (ré)édités ce mois-ci, chez Christian Bourgois et chez Quidam. Avec Les héritages, nous traversons l’histoire d’une villa bâtie à la fin du dix-neuvième en bord de Marne, d’un siècle et de ses gens, sous les traits acides de Gabrielle Wittkop, qui démontre encore une fois une puissance littéraire folle.

Stanley Greene. Une vie à vif / JD Morvan & Tristan Fillaire (Delcourt)

Excellente BD qui retrace la vie du photographe Stanley Greene, du gamin de Brooklyn qui a frayé avec les Black Panthers, traîné avec les punk, trempé dans la dope, jusqu’au photographe-reporter qui s’est révélé lors de son passage à l’Est lors de la chute du mur. Les photos croisent les images de Tristan Fillaire, les époques et les lieux s’enchevêtrent, mettant en lumière la violence du monde, comme le voyait Greene en somme !

Flipette et Vénère – Lucrèce Andreae (Delcourt)

Flipette et Vénère, deux soeurs que tout oppose. Elles ne se fréquentent même plus d’ailleurs, mais par la force des choses, elles vont devoir remettre le couvert. Lucrèce Andreae touche au plus juste avec cette histoire de frangines plus vraie que nature, qui pointe nos contradictions à tous.

La ferme aux poupées – Wojciech Chmielarz (Agullo)

Ambiance polonaise avec un polar bien senti, trépidant, efficace, qui montre une fois de plus que les éditions Agullo ont du nez pour dénichez des auteurs et des textes qui en ont dans le ventre. Une affaire tendance dossier pédophile qui se mue progressivement en meurtres en série complexe. On découvre la Pologne par la petite porte, les individus, la condition tsigane, avec des personnages bien campés et un scénario bien ficelé.

Médée – Euripide

Médée, figure tragique par essence, passionnée, entière et à l’instinct vengeur sans détour. Un personnage complexe et fascinant, aux prises avec sa condition de femme, avec son époque, ses moeurs, ses contradictions, chavirée par la frustration, l’impuissance et l’injustice, et qui cède à une folie destructrice et rageuse et ravageuse.

[Rentrée littéraire 2020] La grâce et les ténèbres – Ann Scott (Calmann Levy)

Dans son dernier roman, Ann Scott nous plonge dans la lutte souterraine contre le terrorisme, où l’on reste en apnée sans tellement d’échappatoire. Un roman dense et très documenté sur ceux qui scrutent les djihadistes sur les réseaux sociaux en vue de les annihiler ou en tout cas déjouer leurs funestes prévisions.

Lysistrata – Aristophane

En -411, dans la cité d’Athènes, Aristophane se frotte à la domination masculine, avec cette pièce truculente et grivoise, où les femmes ont décidé de faire la grève du sexe pour faire revenir leurs hommes au bercail, les enjoindre de cesser cette guerre qui sévit dans le Péloponnèse. Si vous souhaitez retenter la littérature antique en faisant un pied de nez à vos (mauvais) souvenirs, cette pièce est pour vous !

Bulle d’été – Florian Pigé (HonFei)

Avoir le temps de regarder le temps passer, le temps de s’émerveiller, des bestioles qui stagnent à la surface de l’eau, le temps d’imaginer, de flemmarder, de s’ennuyer. C’est ce qu’a saisi Florian Pigé dans son très bel album qui fait écho aux souvenirs d’enfance, comme une invitation discrète à se replonger dans ce temps hors du temps…

Le chien noir – Lucie Baratte (Editions du Typhon)

Lucie Baratte nous invite à entrer dans l’univers d’un Barbe bleue revisité, mêlant essences classiques et contemporaines, finesse littéraire, angoisse macabre oppressante et obsessionnelles. Le chien noir s’impose sans trembler dans la veine de la littérature gothique dans la pure tradition du genre, enveloppante et délicieusement flippante.