Je vais rester – Trondheim & Chevillard (Rue de Sèvres)

Fabienne et Roland ont prévu de passer la semaine à Palavas-les-Flots. Mais à peine arrivés, le pire surgit et Fabienne se retrouve seule. Les auteurs ne tournent pas autour du pot, ils convoquent le drame, cueillent l’instant, et s’intéressent à l’après, à cette femme qui, contre toute attente, décide de rester, et de suivre le programme des vacances scrupuleusement préparé par son homme. Un bel album qui laisse songeur.

La troisième population – Aurélien Ducoudray et Jeff Pourquié (Futuropolis)

Les auteurs de BD Aurélien Ducoudray et Jeff Pourquié se sont rendus à la clinique psychiatrique de La Chesnaie, dans le Loir-et-Cher. Ils décrivent leurs rencontres et donnent à voir un portrait édifiant d’une structure pas banale, d’où découlent des réflexions plus globales sur le rapport aux maladies psychiatriques et aux soins. Très instructif !

Ça marche pas ? – Jean Gourounas (Atelier du poisson soluble)

Dans un coin de banquise, un ours, un morse, un pingouin et un renne tentent de faire fonctionner le poste de télévision mais rien à faire, il n’y a que de la neige sur l’écran. Chacun leur tour, les animaux vont y mettre du leur en perchant toujours un peu plus haut les bois d’Irène pour tâcher de capter leur émission. Humour polaire décapant et vieux souvenirs télévisuels.

Les reflets changeants – Aude Mermilliod (Le Lombard)

Pour les amateur(trice)s de tranches de vie et destins croisés. Dans le sud de la France, Elsa, 22 ans, n’arrive pas à se défaire d’une relation amoureuse qui n’en fini pas de faire des nœuds. Un peu plus loin, Jean n’arrive pas à trouver sa place dans une vie de père de famille – conducteur de train alors qu’il s’imagine encore voguer en pleine mer. Quant à Emile, sourd depuis un traumatisme durant la guerre d’Algérie, il cherche l’échappatoire qui le soulagera d’un silence devenu trop pesant.

C’est à moi ! – Anuska Allepuz (Mango)

Des éléphants vivent tranquillement dans la jungle à savourer leurs fruits favoris, mangues pour l’un, noix de coco pour l’autre, kiwis, bananes ou encore ananas, jusqu’au jour où ils lèvent la tête un peu plus haut que d’habitude et se prennent d’envie pour un magnifique fruit perché inconnu de leurs papilles. Une trame simple et efficace, un album qui respire le soleil et les fruits exotiques, des personnages tout en rondeurs joyeuses, un cocktail fruité à partager dès 2-3 ans.

L’été circulaire – Marion Brunet (Albin Michel)

Un été dans le sud de la France, la chaleur écrasante qui se profile comme chaque année, les va et vient des ados qui se coulent dans l’insouciance des vacances. Sauf Céline, qui cette année, est enceinte. A 15 ans, ça fait jaser, forcément. Encore un texte fort et remuant de Marion Brunet, qui décidément, décrit avec une grande justesse les remous de la société et les angles morts des chemins pris.

Raoul : T’aurais pu prévenir avant de partir… – Michel Van Zeveren (Ecole des loisirs)

Raoul, c’est une série qui raconte la vie par ses petits bouts, le quotidien, les petites choses comme le passage aux toilettes ou les dessins animés et les grands événements, comme l’arrivée de la petite sœur ou comme ici, en fil rouge, le décès du Papipa. Un album très doux, tendre et plein d’humour, avec tous les mots d’enfants que cela suppose. Une série à ne pas manquer.

Zaï zaï zaï – un road movie de Fabcaro (6 pieds sous terre)

Un type va faire trois courses en oubliant sa carte de fidélité chez lui. Un manquement grave qui lui vaudra l’appel du vigile, la menace d’une roulade arrière, l’auto-défense avec un poireau, et une chasse à l’homme dans la même veine. Une course poursuite endiablée et absurde qui fait à la fois rire gras et rire jaune. A découvrir absolument !

La lumière de la nuit – de Keigo Higashino (Actes sud)

Osaka dans les années 70. Un prêteurs sur gage est retrouvé assassiné dans un immeuble désaffecté. Une femme est retrouvée asphyxiée au gaz chez elle. Les correspondances entre les affaires restent floues, les enquêtes piétinent, mais l’inspecteur Sasagaki n’est pas près à lâcher le morceau. Epais roman bluffant qui dépeint la société japonaise sur une vingtaine d’années, des années 70 aux années 90. Un polar puzzle foisonnant et captivant.

Bondrée – de Andrée A. Michaud (Rivages)

Eté 67. Les vacanciers ont investi les chalets qui bordent le lac Boundary Pound, au sud du Québec, un îlot de verdure aux allures de réserve naturelle entre lac, bois et montagnes. Un genre de communauté saisonnière s’est formé au fil des années, les barbecues s’animent, les jeunes se retrouvent, expérimentent, profitent de la liberté estivale. Jusqu’au jour où Zaza Mulligan est retrouvée morte près d’un piège à renard. Coup de cœur pour ce roman noir épais, brumeux, enveloppant et non dénué d’humour. A découvrir !

Bulldozer – Benoît Charlat (Sarbacane)

Une trottinette bulldozer, un bulldozer qui joue au football, un autre pour dormir ou prendre son bain, pour ranger sa chambre, ou encore le bien nommé bulldocaca… Benoît Charlat pourrait presque nous convaincre que l’on devrait tous avoir un bulldozer chez soi. Un tout-carton efficace sur un engin qui ne l’est pas moins.