Quand sort la recluse – Fred Vargas (Flammarion)

Des grands-pères qui passent l’arme à gauche, sans lien apparent, mise à part cette piqûre. L’affaire n’en est pas une, et si c’était le cas, Adamsberg serait le dernier concerné. Sauf qu’il a mis le nez dessus et quand ça le taraude, on sait bien ce qu’il se passe. Du Vargas pur jus qui ravira les amateurs et les autres, même si c’est un peu surjoué par moment.

Rural noir – de Benoît Minville (Gallimard)

Romain revient au bercail après dix ans d’absence. Les années ont passé mais les visages sont toujours là. L’adolescence a laissé place à des vies d’adulte plus ou moins construites, et certaines mauvaises habitudes ont méchamment pris racine. Benoît Minville signe un premier roman très engageant pour la suite à venir. Un roman noir, sociétal et humain à se mettre sous la dent, et un auteur à suivre donc.

En douce – de Marin Ledun (Ombres noires)

Simon voit sa vie tranquille basculer lorsqu’il plonge ses yeux dans ceux d’Emilie. Il était loin d’imaginer qu’il se retrouverait en un claquement de doigts enfermé dans un hangar paumé en rase campagne. Un roman un peu poisseux quand même, haletant comme un thriller qui vous démange, la noirceur sociétale en sus, la vengeance amère, la colère du monde qui toque au carreau. Vous savez ce qu’il vous reste à faire…

Société noire d’Andreu Martin, polar au cœur de la mafia chinoise

De nos jours, Barcelone, loin de l’image de ville souriante de la movida. C’est ce que va nous prouver Andreu Martin et son enquêteur Diego Cañas avec l’arrivée « des Chinois ». Un vent d’est, un vent mauvais, souffle sur la Catalogne qui voit s’installer le crime à très grande échelle. Les gangs hispaniques vont aller se rhabiller, ils ne sont pas de taille.

REVER – de Franck Thilliez

Fidèle à ses habitudes, Franck Thilliez livre un thriller palpitant qui vous tient en haleine jusqu’au bout. ll explore ici le thème du sommeil et des maladies qui y sont associées, la nuit, les cauchemars, les peurs enfantines. Rebondissements, gestion de la confusion, va-et-vient entre les chapitres et dans le temps, malgré quelques bémols, l’auteur sait mener son scénario avec une construction aiguisée, un sujet documenté et des descriptions très cinématographiques.

10 bouquins à offrir à un amateur de polars

Les amateurs de polars peuvent être très différents les uns des autres et assez difficiles à contenter. Parmi ces 10 romans, au choix, offrez un huis clos angoissant, du noir glacé, de l’animalité, du social, des dialogues aux petits oignons, une virée à l’autre bout du monde, de la manipulation, du psychologique, du thriller, un peu d’Histoire, du brillant, de l’étrange, du troublant, du passionnant.

Le verger de marbre – Alex Taylor

Dans un coin paumé du Kentucky, le genre d’endroit où l’on en sort difficilement, où l’on se situe par son nom de famille et où l’on exerce le même métier de père en fils, le quotidien de Beam bascule en une nuit. Un roman qui a tout d’une chasse à l’homme et qui à la fois est tout l’inverse. Un polar rural noir brillant, tendu, tragique. Un premier roman très prometteur, et l’un des polars les plus intéressants du moment.

Condor – de Caryl Férey

Santiago du Chili. Le fils d’un journaliste est retrouvé mort, le quatrième adolescent à être laissé sur le pavé de La Victoria, à l’évidence banal dommage collatéral de la corruption et des trafics qui gangrènent le coin. Un roman fouillé et passionnant, une enquête à hauteur d’homme qui met la lumière sur tout un pan de l’histoire du Chili, et dénonce l’injustice sociale qui en découle encore aujourd’hui. Intense, rude, captivant.

Il reste la poussière, de Sandrine Collette

Pour son quatrième roman, Sandrine Collette est époustouflante dans un huis clos en pleine cambrousse de Patagonie. Un roman familial noir, intense et qui assèche la gorge. Le roman s’ouvre sur une scène terrible, où nous rencontrons Rafael, le plus jeune des quatre garçons de « la mère », alors âgé de 4 ans, poursuivi comme chaque jour par ses grands frères, qui lancent des paris, à qui le choppera au passage du haut de son cheval, pour l’emmener valdinguer dans la poussière. Progressivement, nous intégrons « l’estancia », la ferme familiale, située en plein vent au cœur de la steppe.