Accidents – de Olivier Bordaçarre

Encore un grand moment avec Olivier Bordaçarre, une sacrée belle claque même, frémissante et galvanisante, avec l’histoire de ce couple tout neuf, cette rencontre qui de façon inattendue soulève des secrets qui n’arrivent plus à rester sous le tapis. Avec une grande justesse, l’auteur décrit la rivalité et les jeux de miroirs, en poussant ses personnages dans leurs retranchements, jusqu’à l’implosion si nécessaire.

Avenue nationale – de Jaroslav Rudis

Vandam, un surnom à la sauce tchèque pour un fan de Jean-Claude, amateur de pompes en série, de bière au comptoir, de bastons et grand défenseur du salut romain. Ça donne un aperçu du personnage… Et pourtant, ça va plus loin que ça. C’est un grand plongeon en République tchèque, avec un fond d’histoire et de culture locale qui pose l’ambiance. Un roman très sec, entêtant, rude, qui pose question.

Beckomberga : Ode à ma famille – de Sara Stridsberg

Immersion à Beckomberga, hôpital psychiatrique où réside Jim, une vie en marge ponctuée par les nombreuses visites de sa fille. Une écriture très fine, des chapitres courts, comme autant d’allers retours entre passé et présent, qui nous plongent dans l’histoire à la fois difficile, douloureuse et bourrée d’amour et de respect de cette famille hors-norme. Un tour de force pas si évident et très bien rendu par Sara Stridberg. Une belle surprise et un gros coup de cœur.

Le grand jeu – Céline Minard

Une femme décide de prendre le large du monde et de s’installer en pleine montagne. Mais qu’en est-il de la retraite l’on sait que l’autre est finalement là, pas si loin ? Un roman d’atmosphère qui prend du rythme, avec une forme de suspense qui s’instaure et remet en jeu les considérations philosophiques du départ.

Le zeppelin – de Fanny Chiarello

Fanny Chiarello a écrit la première mouture de ce livre il y a 10 ans, et il y a eu 6 autres versions jusqu’à celui-ci. C’est un ovni littéraire, un OLNI donc, que sans doute elle seule peut comprendre totalement. Ce n’est sans doute pas le roman le plus facile à lire de la rentrée, ce peut même être un petit challenge à relever. Je vous conseillerais donc de tenter l’expérience et de vous laisser porter en plissant parfois un peu les yeux, avec la possibilité d’éclater de rire au détour d’une page.

F – de Antonio Xerxenesky

Orson Welles est mort le 10 octobre 1985, à Hollywood. Et s’il avait été assassiné ? Antonio Xerxenesky joue avec le réel dans cette œuvre de pure fiction remarquable. Découvrez l’histoire de la jeune femme chargée d’éliminer le cinéaste et plongez les deux pieds dans les années 80. Et en bonus, la chronique vidéo.

Ce qu’il ne faudrait pas rater de cette rentrée 2016

Voici une petite sélection de ce qu’il ne faudrait pas rater de cette rentrée 2016, en toute subjectivité, ou en tout cas qu’il serait bien dommage de laisser filer. Il y en a plein d’autres bien sûr, des plus connus, moins inaperçus, poussez les portes des librairies et sollicitez les coups de cœurs de leurs hôtes… En attendant, furetez, piochez, j’espère que vous ressentirez quelques tentations.

Le jardin blanc – de Stephanie Barron

Et si Virginia Woolf ne s’était pas suicidée le 28 mars 1941 ? A la manière de sa série sur Jane Austen, Stephanie Barron retrace les derniers jours de Virginia Woolf et invente une nouvelle fin à la célèbre auteure. A lire pour une première approche de l’œuvre de Virginia Woolf, et de sa relation avec Vita Sackville-West, le Bloomsburry Group et les Cambridge Apostles…

Marguerite n’aime pas ses fesses, de Erwan Larher

Marguerite n’est pas très culottée. D’ailleurs elle n’aime pas ses fesses, ni les parties de jambes en l’air, ni la politique. Elle va pourtant devoir rédiger les mémoires de Aymeric Delaroche De Montjoie alias DDM, ancien Président de la République, à partir de discussions qui la décomplexeront sur pas mal de sujets. Un roman hyper contemporain et tout à fait impertinent à glisser dans son sac ou à offrir.

Aphrodite et vieilles dentelles – de K.B. Holmqvist

A 79 et 72 ans, Tilda et Elida Svensson vivent toujours ensemble dans le confort désuet de la maison familiale. Les toilettes sont au fond du jardin, l’eau à tirer au puits, c’est certes un peu rude l’hiver et pas terrible pour les hémorroïdes mais ça forge les souvenirs. Alors qu’elles observent un chat pris d’une frénésie sexuelle dans le jardin du voisin, elles décident de se lancer dans la vente de potions aphrodisiaques qui leur permettra peut-être de se payer des wc dignes de ce nom… Si vous cherchez un bouquin drôle, touchant, pas prise de tête et bien fichu, foncez.

L’assassin à la pomme verte – de Christophe Carlier

Au Paradise, hôtel clinquant à deux pas du Louvre, des liens sans lendemain se créent, des relations s’invitent, un quotidien parallèle s’installe. Un homme est retrouvé mort dans sa chambre. En attendant que l’enquête révèle ses avancées et confonde le coupable, chacun élabore des théories, les suppositions vont bon train, et au fil de la semaine, l’anonymat s’effiloche. Christophe Carlier a le regard mordant et une certaine élégance dans l’écriture, qui font tout le charme de ce premier roman tout à fait plaisant.

Il reste la poussière, de Sandrine Collette

Pour son quatrième roman, Sandrine Collette est époustouflante dans un huis clos en pleine cambrousse de Patagonie. Un roman familial noir, intense et qui assèche la gorge. Le roman s’ouvre sur une scène terrible, où nous rencontrons Rafael, le plus jeune des quatre garçons de « la mère », alors âgé de 4 ans, poursuivi comme chaque jour par ses grands frères, qui lancent des paris, à qui le choppera au passage du haut de son cheval, pour l’emmener valdinguer dans la poussière. Progressivement, nous intégrons « l’estancia », la ferme familiale, située en plein vent au cœur de la steppe.

Vies arides, de Graciliano Ramos

Dans l’arrière-pays brésilien, une famille de fermiers sillonne les routes en quête d’un emploi, d’un toit, de quoi se remplir le ventre. La tâche est ardue, la région est semi-aride et la sécheresse est inépuisable. Les récoltes sont maigres, le bétail s’écroule, le travail se fait rare. Ce n’est pas la première fois que Fabiano, son épouse Sinha Vitoria et leurs deux fils doivent chercher là où l’herbe est plus verte, ça ressemblerait presque à un éternel recommencement, l’accumulation de la fatigue en plus. Cette fois encore, le voyage est périlleux, à pied sans une once d’ombre, les enfants à bout de bras, les bagages là où ils tiennent, et le chien qui selon l’humeur ouvre ou ferme la marche.