Hound Dog a fait un rêve / Marc Villard

La collection Récits d’objets met en valeur les collections du Musée des Confluences de Lyon en invitant des auteurs à écrire une fiction à partir d’une pièce choisie. Marc Villard s’est emparé d’un sac chamanique des indiens Ojibwa du 19ème siècle et nous offre un très beau texte à la teneur ethnographique.

La fête sauvage – de Annie Mignard

Un enfant de 5 ans court la campagne, saute tant qu’il peut comme on joue à cet âge et tombe dans un trou, un mince entrefilet dans la caillasse qui semble l’avoir aspiré d’un coup, une dégringolade de vingt mètres en une respiration, pfuit disparu. Annie Mignard s’inspire de l’accident de Vermicino survenu en Italie en 1981 et livre un texte étrange, spectaculaire et bestial, dans son humanité, dans son traitement, dans sa poésie.

Accidents – de Olivier Bordaçarre

Encore un grand moment avec Olivier Bordaçarre, une sacrée belle claque même, frémissante et galvanisante, avec l’histoire de ce couple tout neuf, cette rencontre qui de façon inattendue soulève des secrets qui n’arrivent plus à rester sous le tapis. Avec une grande justesse, l’auteur décrit la rivalité et les jeux de miroirs, en poussant ses personnages dans leurs retranchements, jusqu’à l’implosion si nécessaire.

Avenue nationale – de Jaroslav Rudis

Vandam, un surnom à la sauce tchèque pour un fan de Jean-Claude, amateur de pompes en série, de bière au comptoir, de bastons et grand défenseur du salut romain. Ça donne un aperçu du personnage… Et pourtant, ça va plus loin que ça. C’est un grand plongeon en République tchèque, avec un fond d’histoire et de culture locale qui pose l’ambiance. Un roman très sec, entêtant, rude, qui pose question.

Beckomberga : Ode à ma famille – de Sara Stridsberg

Immersion à Beckomberga, hôpital psychiatrique où réside Jim, une vie en marge ponctuée par les nombreuses visites de sa fille. Une écriture très fine, des chapitres courts, comme autant d’allers retours entre passé et présent, qui nous plongent dans l’histoire à la fois difficile, douloureuse et bourrée d’amour et de respect de cette famille hors-norme. Un tour de force pas si évident et très bien rendu par Sara Stridberg. Une belle surprise et un gros coup de cœur.

Le grand jeu – Céline Minard

Une femme décide de prendre le large du monde et de s’installer en pleine montagne. Mais qu’en est-il de la retraite l’on sait que l’autre est finalement là, pas si loin ? Un roman d’atmosphère qui prend du rythme, avec une forme de suspense qui s’instaure et remet en jeu les considérations philosophiques du départ.

Le zeppelin – de Fanny Chiarello

Fanny Chiarello a écrit la première mouture de ce livre il y a 10 ans, et il y a eu 6 autres versions jusqu’à celui-ci. C’est un ovni littéraire, un OLNI donc, que sans doute elle seule peut comprendre totalement. Ce n’est sans doute pas le roman le plus facile à lire de la rentrée, ce peut même être un petit challenge à relever. Je vous conseillerais donc de tenter l’expérience et de vous laisser porter en plissant parfois un peu les yeux, avec la possibilité d’éclater de rire au détour d’une page.

F – de Antonio Xerxenesky

Orson Welles est mort le 10 octobre 1985, à Hollywood. Et s’il avait été assassiné ? Antonio Xerxenesky joue avec le réel dans cette œuvre de pure fiction remarquable. Découvrez l’histoire de la jeune femme chargée d’éliminer le cinéaste et plongez les deux pieds dans les années 80. Et en bonus, la chronique vidéo.

Ce qu’il ne faudrait pas rater de cette rentrée 2016

Voici une petite sélection de ce qu’il ne faudrait pas rater de cette rentrée 2016, en toute subjectivité, ou en tout cas qu’il serait bien dommage de laisser filer. Il y en a plein d’autres bien sûr, des plus connus, moins inaperçus, poussez les portes des librairies et sollicitez les coups de cœurs de leurs hôtes… En attendant, furetez, piochez, j’espère que vous ressentirez quelques tentations.

Le jardin blanc – de Stephanie Barron

Et si Virginia Woolf ne s’était pas suicidée le 28 mars 1941 ? A la manière de sa série sur Jane Austen, Stephanie Barron retrace les derniers jours de Virginia Woolf et invente une nouvelle fin à la célèbre auteure. A lire pour une première approche de l’œuvre de Virginia Woolf, et de sa relation avec Vita Sackville-West, le Bloomsburry Group et les Cambridge Apostles…

Marguerite n’aime pas ses fesses, de Erwan Larher

Marguerite n’est pas très culottée. D’ailleurs elle n’aime pas ses fesses, ni les parties de jambes en l’air, ni la politique. Elle va pourtant devoir rédiger les mémoires de Aymeric Delaroche De Montjoie alias DDM, ancien Président de la République, à partir de discussions qui la décomplexeront sur pas mal de sujets. Un roman hyper contemporain et tout à fait impertinent à glisser dans son sac ou à offrir.

Aphrodite et vieilles dentelles – de K.B. Holmqvist

A 79 et 72 ans, Tilda et Elida Svensson vivent toujours ensemble dans le confort désuet de la maison familiale. Les toilettes sont au fond du jardin, l’eau à tirer au puits, c’est certes un peu rude l’hiver et pas terrible pour les hémorroïdes mais ça forge les souvenirs. Alors qu’elles observent un chat pris d’une frénésie sexuelle dans le jardin du voisin, elles décident de se lancer dans la vente de potions aphrodisiaques qui leur permettra peut-être de se payer des wc dignes de ce nom… Si vous cherchez un bouquin drôle, touchant, pas prise de tête et bien fichu, foncez.