A une époque où la surenchère d’effets spéciaux bat son plein, où les scénarios les plus alambiqués font les meilleures recettes, où les personnages les plus torturés sont plébiscités, l’aquarelle nous offre une pause de finesse avec une histoire de secret de famille qui prend ses racines en Ukraine.
Catégorie : Littérature générale
En douce – de Marin Ledun (Ombres noires)
Simon voit sa vie tranquille basculer lorsqu’il plonge ses yeux dans ceux d’Emilie. Il était loin d’imaginer qu’il se retrouverait en un claquement de doigts enfermé dans un hangar paumé en rase campagne. Un roman un peu poisseux quand même, haletant comme un thriller qui vous démange, la noirceur sociétale en sus, la vengeance amère, la colère du monde qui toque au carreau. Vous savez ce qu’il vous reste à faire…
Seules les bêtes – de Colin Niel (Rouergue)
Dans les plateaux des Causses, une femme disparaît. L’assistante sociale s’interroge, ouvrant la danse d’un roman choral savamment orchestré. Chacun dévoilera sa culpabilité, ses doutes, les rêves devenus opaques. Un puissant roman sur la solitude et l’isolement qui désarment les désirs et rendent capable de tout.
Journal d’Adam & journal d’Eve – de Mark Twain (L’œil d’or)
Dans ce court texte, Mark Twain pose un regard amusé sur la Création en mettant en scène le premier couple de l’humanité à travers leurs journaux intimes respectifs.
Réparer les vivants – de Maylis de Kérangal (Verticales)
Un roman intense et nécessaire qui replace le don d’organes dans sa réalité et sa sensibilité. Un balai à la fois dramatique et plein d’espoir qui ne laisse pas indemne.
« Avec les hommes », Mikaël Hirsch nous fait deux propositions de vie (Intervalles)
La pointe Finistère pour conter ce qui ressemble à deux vies en fin de parcours ou tout au moins le temps venu d’un premier bilan. Rencontre entre deux hommes dans un café à Brest.
Sukkwan island – de David Vann (Gallmeister)
Un père et son fils de 13 ans partent s’installer en pleine nature, à Sukkwan island, une île planquée en Alaska, avec ses paysages à couper le souffle, et la nature hostile pas toujours facile à manœuvrer. Et s’imaginer être plus fort que le silence assourdissant et la solitude extrême peut conduire au drame. Un roman très noir, bouleversant, dérangeant, et un auteur précieux à garder à l’œil. A découvrir également l’adaptation graphique.
« Indian Creek », ou la preuve que Pete Fromm est incontournable (Gallmeister)
Prêts pour une virée dans le froid du Nord américain ? Suivez Pete Fromm, avant qu’il ne devienne ce maître du Nature Writing. Sept mois dans l’Idaho, totalement isolé dans la nature en hiver.
Le chameau ivre – de Alma Rivière (Rue des promenades)
Avec ce recueil de textes courts comme autant de portes ouvertes sur l’Iran, Alma Rivière fait un beau pied de nez à tous les préjugés qui circulent.
Société noire d’Andreu Martin, polar au cœur de la mafia chinoise
De nos jours, Barcelone, loin de l’image de ville souriante de la movida. C’est ce que va nous prouver Andreu Martin et son enquêteur Diego Cañas avec l’arrivée « des Chinois ». Un vent d’est, un vent mauvais, souffle sur la Catalogne qui voit s’installer le crime à très grande échelle. Les gangs hispaniques vont aller se rhabiller, ils ne sont pas de taille.
L’eau brûle – de Pierre Thomé
De petits textes courts mais intenses où cette alchimie en cuisine traduit celle plus subtile des rapports et du jeu amoureux.
Hound Dog a fait un rêve / Marc Villard
La collection Récits d’objets met en valeur les collections du Musée des Confluences de Lyon en invitant des auteurs à écrire une fiction à partir d’une pièce choisie. Marc Villard s’est emparé d’un sac chamanique des indiens Ojibwa du 19ème siècle et nous offre un très beau texte à la teneur ethnographique.
La fête sauvage – de Annie Mignard
Un enfant de 5 ans court la campagne, saute tant qu’il peut comme on joue à cet âge et tombe dans un trou, un mince entrefilet dans la caillasse qui semble l’avoir aspiré d’un coup, une dégringolade de vingt mètres en une respiration, pfuit disparu. Annie Mignard s’inspire de l’accident de Vermicino survenu en Italie en 1981 et livre un texte étrange, spectaculaire et bestial, dans son humanité, dans son traitement, dans sa poésie.
10 bouquins à offrir à un amateur de polars
Les amateurs de polars peuvent être très différents les uns des autres et assez difficiles à contenter. Parmi ces 10 romans, au choix, offrez un huis clos angoissant, du noir glacé, de l’animalité, du social, des dialogues aux petits oignons, une virée à l’autre bout du monde, de la manipulation, du psychologique, du thriller, un peu d’Histoire, du brillant, de l’étrange, du troublant, du passionnant.
10 romans à mettre au pied du sapin
Une sélection spéciale Romans aujourd’hui. Des textes qui changent, qui sortent des sentiers battus, de l’aventure, du bel écrin, de l’humour anglais, de la comédie de moeurs, du politique, du vibrant, du noir, du social, de l’histoire familiale…
Accidents – de Olivier Bordaçarre
Encore un grand moment avec Olivier Bordaçarre, une sacrée belle claque même, frémissante et galvanisante, avec l’histoire de ce couple tout neuf, cette rencontre qui de façon inattendue soulève des secrets qui n’arrivent plus à rester sous le tapis. Avec une grande justesse, l’auteur décrit la rivalité et les jeux de miroirs, en poussant ses personnages dans leurs retranchements, jusqu’à l’implosion si nécessaire.
Le verger de marbre – Alex Taylor
Dans un coin paumé du Kentucky, le genre d’endroit où l’on en sort difficilement, où l’on se situe par son nom de famille et où l’on exerce le même métier de père en fils, le quotidien de Beam bascule en une nuit. Un roman qui a tout d’une chasse à l’homme et qui à la fois est tout l’inverse. Un polar rural noir brillant, tendu, tragique. Un premier roman très prometteur, et l’un des polars les plus intéressants du moment.
Condor – de Caryl Férey
Santiago du Chili. Le fils d’un journaliste est retrouvé mort, le quatrième adolescent à être laissé sur le pavé de La Victoria, à l’évidence banal dommage collatéral de la corruption et des trafics qui gangrènent le coin. Un roman fouillé et passionnant, une enquête à hauteur d’homme qui met la lumière sur tout un pan de l’histoire du Chili, et dénonce l’injustice sociale qui en découle encore aujourd’hui. Intense, rude, captivant.
Avenue nationale – de Jaroslav Rudis
Vandam, un surnom à la sauce tchèque pour un fan de Jean-Claude, amateur de pompes en série, de bière au comptoir, de bastons et grand défenseur du salut romain. Ça donne un aperçu du personnage… Et pourtant, ça va plus loin que ça. C’est un grand plongeon en République tchèque, avec un fond d’histoire et de culture locale qui pose l’ambiance. Un roman très sec, entêtant, rude, qui pose question.
Noires histoires de Bernard – Hélène Ezvan
« Bernard avait tué Bernadette, d’un coup de poignard, pour une simple histoire d’allumettes. » Un petit roman graphique qui en dit long, du noir non dénué d’humour et des dessins qui murmurent. Pour les amateurs de curiosités, de livres bien réalisés, de café serré.
