Bristol. Une nuit, la pluie, un chauffard qui prend la fuite et un enfant laissé sur le carreau. Une enquête piétinante et une paire de flics obstinés. Ajoutez à cela le sens de la déroute de l’auteure, vous obtenez un premier roman efficace et surprenant.
Catégorie : Littérature générale
Les infâmes – de Jax Miller (Ombres noires)
Freedom Oliver est témoin sous protection. Il y a dix-huit, elle a dû mettre sa vie au placard et ses enfants à l’adoption, et son passé a aujourd’hui des allures de mirages. Sauf que celui qu’elle a envoyé en prison vient d’en sortir et sa fille vient de se volatiliser. Un premier roman bien noir, poisseux et rageur.
Frappe-toi le coeur – de Amélie Nothomb (Albin Michel)
Une femme fait le choix de devenir cardiologue pour décortiquer les relations humaines et notamment la jalousie qui crève le coeur de sa mère. Une bonne entracte, où l’on retrouve à quelques entournures de pages l’élégance froide d’Amélie Nothomb.
Un funambule sur le sable – de Gilles Marchand (Aux Forges de Vulcain) #MRL17
Stradi est né avec un violon dans la tête. Panique à bord, inquiétude, incompréhension et au fil du temps de nouvelles sensations, de l’humour et forcément beaucoup de musique. Un beau roman sur la différence, avec un univers décalé et pourtant profondément ancré dans le réel permettant de soulever de nombreuses questions et d’honorer le pouvoir de l’imagination et de la musique. A découvrir et à offrir.
Gazoline tango – de Franck Balandier (Castor Astral)
Benjamin Granger, enfant parachuté dans la cité des peintres et ses personnages aux allures de Pieds nickelés. Entre la comédie noire et chronique sociale désenchantée, un roman très sensitif, rempli de sons, de silence, de toucher, de sensations.
Les fantômes du vieux pays – de Nathan Hill (Gallimard)
Un homme revient sur son histoire lorsqu’il apprend que sa mère, qui l’a abandonné à l’âge de 11 ans, a agressé un candidat à la présidentielle. Nathan Hill signe ici un premier roman très ambitieux, un pavé de 700 pages dans lequel il conjugue drame familial et fresque américaine.
15 titres de la rentrée littéraire (2017) à garder à l’oeil
Nous sommes déjà mi-octobre mais la rentrée littéraire n’est pas encore terminée puisque quelques titres viennent à peine de paraître, et sur 581 titres, tous ne sont pas encore prêts d’être lus d’ailleurs. De votre côté, vous avez sans doute déjà cédé à quelques tentations, découvert des pépites ou rencontré des déceptions. Vous cherchez peut-être maintenant à renouveler votre stock et il est donc plus que jamais le moment d’appâter vos sens avec une sélection de titres à ne pas laisser passer entre les mailles du filet.
Le diable en personne – de Peter Farris (Gallmeister)
Un polar marécageux diablement efficace, avec beaucoup de rythme, de l’action, des scènes épiques et un certain sens de l’humour. A découvrir !
La chasse aux canards – de Hugo Claus (Grasset)
Une ferme isolée des Flandres. Le père est mort pendant une chasse aux canards et la mère a pris l’employé de ferme pour amant. Les fils sont bigots ou incestueux, la fille aguicheuse. L’arrivée d’un soldat américain va faire valser l’équilibre familial. La littérature néerlandaise dans toute sa splendeur avec ce roman choral troublant.
Coyote – de Colin Winnette (Denoël)
Une fillette a disparu. Les parents l’ont mise à coucher et le lendemain elle n’était plus dans son lit. Plongée dans du fait divers à l’américaine, entre culpabilité, inquiétude et show télévisuel.
Le dimanche des mères – de Graham Swift (Gallimard)
La campagne anglaise des années 20 avec ce dimanche des mères, congé annuel durant lequel les domestiques rejoignent leur famille. Cette journée de 1924 se dessinera autrement pour Jane, au point de représenter un véritable tournant dans sa vie, de manière à la fois sensuelle et tragique. Un roman qui devrait ravir les amateurs de littérature anglaise tendance historique romantique.
Tout est brisé – de William Boyle (Gallmeister)
William Boyle signe un fabuleux roman, à la fois noir, social et plein de poésie. Les amateurs de littérature nord-américaine se réjouiront, que les autres en profitent pour s’y mettre.
Mato Grosso – de Ian Manook (Albin Michel)
Jeu de dupe en pleine jungle. Un écrivain remet les pieds au Brésil trente ans après en être parti sur les chapeaux de roues. De son passage dans le Mato Grosso, il en a fait « Un roman brésilien », couchant sur le papier des souvenirs romancés patinés de beauté sauvage, de trafics à peine camouflés et de flicaille corrompue.
Les larmes noires sur la terre – Sandrine Collette (Denoël)
Sandrine Collette a le don pour vous coller des suées tout en préservant l’humain, si sombre soit-il. Fabuleux roman, concentré de noirceur à la limite de l’anticipation sociale, avec des parcours cabossés de femmes lumineuses.
Le roi n’a pas sommeil – de Cécile Coulon (Viviane Hamy)
Avec une force de concision et de précision ahurissante, Cécile Coulon vous fait passer vingt ans avec une famille en 140 pages, avec des tripes et du contenu comme si le bouquin en comptait 400. Un drame familial dans la pampa américaine du siècle dernier, un roman tragique, poétique, magnifique.
Dans la forêt – de Jean Hegland (Gallmeister)
Le monde est en suspens. Plus d’essence ni d’électricité. La maladie qui s’insinue, laissant sur le carreau pas mal de morts. Deux sœurs se retrouvent dans la maison familiale, presque coupées du monde, en lisière de forêt. A la croisée du récit initiatique, du nature writing et de la fable écologique, un roman troublant qui fait sens, à méditer et à partager.
Rencontre [vidéo] avec Caryl Férey
Le 1er mai, grâce à Libfly, j’ai eu la chance de pouvoir m’entretenir avec Caryl Férey. Souvenir filmé.
Les corps brisés – de Elsa Marpeau (Gallimard)
Elsa Marpeau signe un polar tendu, à la fois très social et glaçant. Un roman fort et très instructif sur le handicap avec une tension glissant sur le terrain du thriller pour le bonheur de vos nerfs.
Dans le désordre – de Marion Brunet
Marion Brunet signe un roman très fort sur ceux qui tentent un autre monde et militent dans ce sens en s’y jetant à corps perdu.
Rural noir – de Benoît Minville (Gallimard)
Romain revient au bercail après dix ans d’absence. Les années ont passé mais les visages sont toujours là. L’adolescence a laissé place à des vies d’adulte plus ou moins construites, et certaines mauvaises habitudes ont méchamment pris racine. Benoît Minville signe un premier roman très engageant pour la suite à venir. Un roman noir, sociétal et humain à se mettre sous la dent, et un auteur à suivre donc.
